Mad Pride: Quatre bonnes raisons de défiler avec les fous ce samedi à Paris

DROITS La Mad Pride veut donner de la visibilité aux personnes atteintes de maladies mentales et lutter contre les préjugés...

Céline Boff

— 

La Mad Pride en 2014.
La Mad Pride en 2014. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Fous, et alors ? » Tel est le leitmotiv de la troisième édition de la Mad Pride, la marche des personnes atteintes de maladies mentales, qui se tient ce samedi à Paris (1). 20 Minutes vous donne quatre bonnes raisons de participer à cet événement.

Parce que c’est un moment de fête

Bien sûr, la Mad Pride est un défilé revendicatif. Mais cet événement se veut avant tout festif, à l’instar des autres Pride et notamment de la plus célèbre d’entre elles – la Gay pride. L’événement est ouvert à tous et « chacun est invité à défiler déguisé, maquillé ou non, avec sa pancarte, ses instruments de musique, à pied à vélo ou sur des chars selon sa fantaisie », expliquent les organisateurs. Et d’ajouter, non sans humour : « Exprimez-vous, soyez fous ! »

Parce qu’il faut affronter ses peurs

« Les personnes en situation de détresse psychologique ou ayant des difficultés psychiques sont d’autant plus marginalisées qu’elles suscitent de l’angoisse chez les autres », souligne Philippe Guérard, le président de la Mad Pride. Bien sûr, la folie fait peur, mais cette peur se nourrit avant tout de la méconnaissance. La Mad Pride est donc l’occasion « de rencontrer des personnes ayant reçu un diagnostic de maladie mentale et de s’apercevoir qu’elles sont avant tout des êtres humains comme les autres », insiste le président. C’est aussi l’occasion d’en finir avec certains préjugés, comme de penser que les fous sont forcément pervers et/ou violents, alors que « 99 % des crimes et des délits sont commis par des personnes sans pathologie », expliquent les organisateurs.

>> A lire aussi : Maladies mentales: Pourquoi les Français en ont-ils si peur?

Parce que nous sommes tous concernés

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 30 % des citoyens connaîtront un épisode de souffrance psychique, épisodique ou chronique, dans leur vie. En France, les troubles mentaux (dépression, anxiétés, addictions, schizophrénie, anorexie, etc.) concernent d’ores et déjà près d’une personne sur quatre et 1,4 million de citoyens sont suivis par les services de psychiatrie publique. Bref, personne n’est à l’abri d’être un jour confronté au trouble mental, que ce soit directement ou à travers un proche. « D’autant plus que l’époque actuelle favorise l’apparition des pathologies », estime Philippe Guérard. La précarité, le chômage, la souffrance au travail ou encore l’isolement sont en effet des facteurs de risque. Sans compter la menace terroriste. « Les attentats à Paris n’ont pas été sans conséquence sur la santé mentale de nombreux citoyens », fait remarquer Philippe Guérard.

>> A lire aussi : Claude Halmos: «Les Français sont frappés par une grave crise psychologique»

Parce que les combats sont nombreux

Les associations regroupées au sein de la Mad Pride se battent notamment « pour les soins choisis et contre la contention, parce que l’enfermement n’a jamais guéri personne ». Or, dans un contexte de crise des finances publiques, « la psychiatrie est vraiment le parent pauvre de la santé publique », regrette Philippe Guérard. Le manque de moyens humains et financiers compromet l’accès des patients à des soins de qualité et donc leurs chances de s’intégrer dans la société. « Alors même que les besoins ne cessent de s’accroître, la situation ne cesse de se dégrader », s’inquiète Philippe Guérard.

>> A lire aussi : Hôpitaux psychiatriques: Isolés, attachés... Des atteintes aux droits des malades mentaux dénoncées

(1) Le défilé partira à 14 heures de l’Hôpital Saint-Antoine (rue Crozatier, Paris 12e) pour rejoindre la place de la République (Paris 11e).