Tweet félicitant les tueurs de Tel-Aviv: Les polémiques autour des Indigènes de la République

POLITIQUE Le parti « décolonial » et « antiraciste » est au cœur d’une tempête après le tweet d’une de ses membres…

V.V.

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Quelques centaines de personnes se sont rassemblées lundi après-midi place de la République à Paris, à l'appel du Mouvement des Indigènes de la République, pour "dénoncer les crimes coloniaux du passé".
Quelques centaines de personnes se sont rassemblées lundi après-midi place de la République à Paris, à l'appel du Mouvement des Indigènes de la République, pour "dénoncer les crimes coloniaux du passé". — Olivier Laban-Mattei AFP

Un simple tweet. Et le Parti des Indigènes de la République (PIR) se retrouve, ce jeudi, au centre des critiques. Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra), a annoncé avoir saisi la justice après la publication d’un tweet d’une militante du PIR ayant félicité les deux auteurs de l’attentat de Tel-Aviv (Israël), mercredi soir.

Sur le compte Twitter "@AyaRamadan93", un tweet dont des internautes ont réalisé des captures avant sa suppression a adressé un « bravo » aux deux Palestiniens - arrêtés depuis - ayant semé la terreur dans un quartier animé, tuant quatre Israéliens et en blessant cinq. Ce n’est pas la première fois que les Indigènes de la République, parti se présentant comme « décolonial » et « antiraciste » se retrouve dans l’œil du cyclone. 20 Minutes revient sur trois polémiques ayant émaillé la vie de ce mouvement créé en 2005…

  • Contre le soutien à Charlie Hebdo en 2011

Nous sommes au début du mois de novembre 2011. Les locaux de Charlie Hebdo viennent d’être détruits par un incendie d’origine criminelle. Les médias et la classe politique dénoncent les faits, mettant en avant la défense de la liberté d’expression. Les Indigènes de la République assurent qu’ils sont « pour la liberté d’expression » mais « contre le soutien à Charlie Hebdo ».

Riss, dessinateur à Charlie Hebdo, devant l'ancien siège du journal, détruit par un incendie criminel, le 2 novembre 2011 à Paris
Riss, dessinateur à Charlie Hebdo, devant l'ancien siège du journal, détruit par un incendie criminel, le 2 novembre 2011 à Paris - Alexander Klein AFP

Signataire parmi d’autres d’une lettre ouverte à ce propos, Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes, dénonce le fait « qu’un cocktail molotov n’occasionnant que des dégâts matériels (…) mérite une mobilisation supérieure à celle qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetière musulman ».

  • Une porte-parole raciste et homophobe ?

Moment de tension sur le plateau de « Ce soir ou jamais » le 18 mars 2016. Frédéric Taddei a décidé de consacrer son émission au thème « Comment réconcilier les antiracistes ? ». Houria Bouteldja en est l’une des invités. Au même titre que le politologue Thomas Guénolé. Ce dernier la prend à partie de façon radicale.

Après avoir montré une photo où la porte-parole des Indigènes pose avec une pancarte « Sionistes au goulag », il lit des extraits de son dernier ouvrage pour démontrer qu’elle est « raciste », « misogyne » et « homophobe ». Réponse de Houria Bouteldja : « C’est vrai, je suis réputée raciste anti-blanc, antisémite et homophobe. Je le dis sur ce plateau, je me fous complètement de ce que l’on dit de moi. Moi, je mène ma lutte qui est une lutte antiraciste ».

  • Un camp d’été décolonial où les blancs sont exclus ?

L’idée n’émane pas des Indigènes de la République mais de deux proches de ce mouvement, selon Le Figaro qui a révélé l’information le 21 avril. Pourquoi ne pas monter un camp d’été « décolonial » réservé uniquement aux personnes « souffrant d’un racisme d’état ».

Sur le site de l’organisation du camp prévu cet été, près de Reims, les militantes précisent ainsi leur idée. « Le camp est réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’Etat en contexte français, nous accepterons cependant quelques inscriptions de personnes subissant le racisme d’Etat mais vivants dans d’autres pays… »