Attentats de novembre: Mohamed Abrini sera livré à la France

ENQUÊTE Le troisième homme de l’attentat de l’aéroport de Zaventem, longtemps présenté comme « l’homme au chapeau » devrait être livré à la France mais « pas dans l’immédiat »…

20 Minutes avec AFP

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Photo montage de la police fédérale belge montrant Mohamed Abrini
Photo montage de la police fédérale belge montrant Mohamed Abrini — HO Belgian Federal Police

Interpellé le 8 avril en Belgique, Mohamed Abrini, suspect clé des attentats de Paris et Saint-Denis et troisième homme de l’attentat de l’aéroport de Zaventem à Bruxelles, devrait être livré à la France mais « pas dans l’immédiat » selon le parquet fédéral belge. « La chambre du conseil de Bruxelles a rendu exécutoire » le mandat d’arrêt européen décerné à l’encontre de Mohamed Abrini, également mis en cause dans les attentats du 22 mars à Bruxelles, selon un communiqué. Mais « l’exécution proprement dite ne va pas du tout être faite dans l’immédiat », a précisé un porte-parole du parquet à l’AFP.

Joint la semaine dernière par 20minutes, le parquet de Paris expliquait que Mohamed Abrini ferait l’objet d’un « prêt » de détenu afin de permettre aux juges d’instruction chargés de l’enquête sur les attentats du 13 novembre la mise en examen du terroriste présumé.

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Un passage en Syrie

Le Belgo-marocain de 31 ans, surnommé « Brioche », connu des services de police pour de multiples vols ou détentions de drogue a grandi avec ses trois frères et ses deux sœurs dans la commune bruxelloise de Molenbeek à côté de la famille Abdeslam. Il multiplie les voyages durant l’été 2015. En juin, Abrini atterrit à Istanbul et les enquêteurs le soupçonnent d’avoir effectué « un bref passage » en Syrie.

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Son jeune frère, Souleymane, 20 ans, y est mort en 2014 après avoir combattu dans la katiba (brigade islamiste) al Muhajireen, d’Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats parisiens. Mi-juillet, Mohamed Abrini est repéré en Grande-Bretagne, notamment à Birmingham, fief des islamistes britanniques. En août, il part depuis l’Allemagne, au Maroc. Puis, sa trace disparaît jusqu’aux jours précédant les attentats.

« Pas de mal à une mouche »

Les 10 et 11 novembre, il accompagne en voiture Salah Abdeslam et son frère Brahim, un des kamikazes du 13 novembre, qui effectuent deux allers-retours entre Paris et Bruxelles pour louer des planques en région parisienne qui serviront au commando. Le 12, il est repéré en Belgique dans une station-service près de la frontière française dans une des voitures du convoi qui emmène les assaillants à Paris.

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Troisième homme de l’aéroport de Zaventem, Abrini a affirmé ne pas être radicalisé et n’avoir jamais été en Syrie, lors de son interrogatoire face au juge d’instruction. Selon la chaîne BFMTV, qui a eu accès aux déclarations du terroriste présumé, ce dernier a reconnu être « l’homme au chapeau » repéré sur des images de vidéosurveillance de l’aéroport de Bruxelles, mais affirme n’avoir jamais voulu se faire sauter. « Je ne ferais pas de mal à une mouche », a-t-il dit.

Mohamed Abrini pourrait être jugé en Belgique avant d’être livré à la France. Il peut aussi être envoyé temporairement en France au cours de l’enquête ou être encore interrogé en Belgique par les enquêteurs français. « Les délais ne sont pas du tout définis », a insisté le porte-parole du parquet.