Des réserves à un seuil critique. Boudé par les donneurs au mois de mai, l’Etablissement français du sang (EFS) tire la sonnette d’alarme : les stocks de produits sanguins sont au plus bas et la menace de ne pas pouvoir couvrir les besoins des patients plane. Une situation d'autant plus inquiétante qu'à l’approche de l’été - et avec l’Euro de football en prime - les donneurs réguliers pourraient manquer à l’appel : « Notre crainte pendant l’Euro, c’est que nos donneurs soient un peu démobilisés et qu’ils n’entendent pas nos messages et, de ce fait, ne donnent pas suffisamment », expliquait ainsi à France 3 Aquitaine Michel Jeanne, le directeur-adjoint de l'EFS .

A quelques jours de la Journée mondiale des donneurs de sang, qui aura lieu le 14 juin, l’EFS prend donc les devants et lance un appel urgent à la mobilisation des donneurs de sang.

Des stocks plus bas que d’habitude

Traditionnellement, l’EFS accuse chaque année une baisse des dons avant l’été. « Tous les ans, la situation est délicate au mois de mai, note le Dr Michèle Villemur, médecin responsable du Pôle Est Collecte Mobile à l’EFS. Jours fériés, ponts et jours de congé à écluser avant la fin du mois : les gens sont moins disponibles pour donner leur sang pendant cette période ». D’où l’importance de lancer un appel en juin pour rattraper ce retard, reconstituer les stocks pour l’été et inciter le public à « donner aussi en juillet et en août ».

Sauf que cette fois-ci, l’état des stocks est plus alarmant qu’à l’accoutumée. « Aux conditions habituelles d’un mois de mai se sont ajoutées les intempéries, et naturellement, les gens ont été moins mobilisés », note le Dr Villemur.

Conséquence : « aujourd’hui, les réserves sont insuffisantes, s’inquiète le Dr Villemur. Sur cette fameuse période mai-juin, la situation est aujourd’hui plus fragile que les années précédentes ». Ainsi, en plus des 10.000 dons dont il a besoin chaque jour en temps normal, l’EFS doit recueillir 30.000 dons supplémentaires sur l’ensemble du mois de juin. « Sang, plasma, plaquettes : nous avons besoin de tous les produits sanguins, dans tous les groupes sanguins », insiste le médecin.

Mobiliser les donneurs avant l’été et l’Euro

Pour répondre aux besoins transfusionnels des patients et parer à toute hausse inattendue de la demande de produits sanguins (catastrophe naturelle, accident ou encore attentat), l’EFS doit constamment avoir devant elle un minimum de 12 jours de stock. « Aujourd’hui [ce mercredi], nous disposons de 11,6 jours de stock », précise-t-on du côté de l’EFS. Pour y remédier, chaque don compte, et l’opérateur unique de la transfusion sanguine dans le pays mise sur la mobilisation de tous les donneurs, potentiels ou occasionnels.

« Chaque année, nous recevons 3 millions de dons, de la part de 1,7 million de donneurs », détaille le Dr Michèle Villemur. Parmi eux, si certains sont des donneurs réguliers et se rendent plusieurs fois par an à l’EFS, d’autres donnent leur sang plus occasionnellement. « C’est sur ce terrain de la fidélisation et du renouvellement des donneurs que nous devons encore progresser », explique-t-elle, qui espère « qu’à l’avenir ils donnent leur sang plus régulièrement ».

Les femmes peuvent en effet donner leur sang quatre fois par an, et les hommes, eux, peuvent le faire six fois, « en respectant un intervalle de huit semaines entre chaque don », poursuit la responsable de la collecte mobile.

Chaque année, ce sont pas moins d’un million de patients, malades ou en chirurgie, qui sont soignés grâce aux dons du sang.

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