Un homme interpellé pour l'agression au cutter d'un militaire de l'opération Sentinelle en gare de Strasbourg.
Un homme interpellé pour l'agression au cutter d'un militaire de l'opération Sentinelle en gare de Strasbourg. — KONRAD K./SIPA

SECURITE

Opération Sentinelle: Un rapport pointe les conditions d’hébergement «parfois très incorrectes» des militaires à Paris

Le Haut comité d’évaluation de la condition militaire déplore les conditions de vie en opération Sentinelle sur le territoire national…

Les militaires français engagés sur le territoire national doivent être mieux logés, retrouver plus de temps pour s’entraîner et bénéficier d’une meilleure prise en compte de leur vie familiale, estime le Haut comité d’évaluation de la condition militaire.

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Des conditions d’hébergement « parfois très incorrectes » à Paris

Le président du Haut comité, Bernard Pêcheur, qui vient de remettre son rapport annuel au ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, a rappelé ce mercredi à l’Assemblée nationale les conditions « parfois très incorrectes » d’hébergement des soldats à Paris au début de l’opération Sentinelle (10.000 soldats) initiée après les attentats de 2015.

Les améliorations sont « continues », « les points noirs en cours de résorption » mais il « faut apporter une attention toute particulière à la question » notamment si le nombre de militaires déployés en Ile-de-France vient à passer au-dessus des 7.000, a noté le président du Haut comité d’évaluation.

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« Nous ne proposons pas de renoncer à ce qui fait l’aptitude opérationnelle de nos forces, la capacité d’adaptation, d’endurance, une forme de rusticité. Simplement nous disons "ce qui est acceptable au Mali, en Centrafrique, est moins acceptable dans la durée sur le territoire national" », a déclaré le conseiller d’Etat.

Il n’est pas question « d’aligner les conditions d’hébergement et de vie de nos militaires sur celles des civils, voire de certaines forces civiles » (CRS par exemple), de réclamer « le maximum de confort », a-t-il souligné ce mercredi devant la Commission de la défense nationale.

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Jusqu’à cinq déploiements Sentinelle et 250 jours d’absence en un an

La Défense s’est séparée de nombreuses « empreintes militaires » (casernes, bureaux…) dans la capitale, sur fond de restructuration accélérée des armées depuis dix ans, qui font aujourd’hui défaut dans l’opération Sentinelle.

Des soldats ont dû être logés chez les pompiers de Paris, dans des mairies d’arrondissement, des gymnases ou loin de leur lieu de déploiement, ce qui accroît d’autant leur fatigue, a rappelé le haut fonctionnaire.

Les soldats sont mobilisés en moyenne 180 à 230 jours par an loin de chez eux, entre opérations extérieures et intérieures (Sentinelle), certains cumulant jusqu’à cinq déploiements Sentinelle et 250 jours d’absence en un an, selon l’armée de Terre. Dans les unités de gendarmerie mobile, le taux est de 220 jours d’absence.