Grève chez Air France: Les propositions de la direction «pas acceptables en l'état», estiment les syndicats

NEGOCATIONS Les trois syndicats de pilotes appellent à la grève du 11 au 14 juin...

Clémence Apetogbor

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Des avions de la compagnie Air France, sur les pistes de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, le 3 décembre 2015.
Des avions de la compagnie Air France, sur les pistes de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, le 3 décembre 2015. — Lewis JOLY/SIPA

« Pessimisme ». C’est le sentiment qui prédomine chez les syndicats de pilotes d’Air France après leurs négociations avec la direction concernant leur grève. Les syndicats estiment que la compagnie n’a formulé que de « vagues promesses » qui ne leur semblent « pas acceptables en l’état ».

Retrouvailles à 14h00

Après s’être quittés vers 03h00 du matin dans la nuit de mardi à mercredi, la direction et les deux syndicats représentatifs, SNPL (65 %) et Spaf (21 %), doivent se retrouver dès 14h00 pour discuter des propositions formulées par Air France, a-t-on appris auprès d’eux.

Le projet de sortie de crise soumis par la direction pour éviter la grève du 11 au 14 juin « ne nous paraît pas acceptable en l’état », a dit à l’AFP Emmanuel Mistrali, porte-parole du SNPL, qui fait état d’un « chemin encore très important à parcourir ».

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« Il manque du concret », tranche Véronique Damon du SNPL, évoquant « des vagues promesses » qui ne sont pas suffisantes au vu du manque de fiabilité répété de la direction, assure-t-elle.

« Pas de propositions » à l’issue des échanges

Les discussions ont donné lieu à « beaucoup d’échanges, une bataille de chiffres », mais « pas vraiment de propositions », ou alors « très minimes », selon Fabrice Cueille, porte-parole du Spaf.

« A ce stade je suis assez pessimiste », a-t-il dit à l’AFP. « La direction n’a pas la volonté » d’avancer des propositions concrètes, or les pilotes ne peuvent « pas se contenter de promesses », selon lui.

Les syndicats de pilotes français réclament notamment des garanties sur l’activité de la compagnie Air France, en perte de vitesse selon eux par rapport aux autres composantes du groupe Air France-KLM (Transavia, Hop ! et KLM).

Un accord non respecté au détriment d’Air France

Le futur PDG du transporteur franco-néerlandais, Jean-Marc Janaillac, se saisira du dossier dans les trois mois suivant sa prise de fonction, prévue début juillet, d’après plusieurs négociateurs syndicaux.

Les syndicats estiment que le partage d’activité entre Air France et KLM, défini dans un accord à hauteur de 63 % pour la première et 37 % pour la seconde, n’est pas respecté, au détriment de la compagnie tricolore.

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Pour revenir à ce ratio, l’entreprise « laisse entendre que les pilotes demandent 4 milliards d’euros d’investissements sous huitaine, ce qui est inexact », affirme Emmanuel Mistrali pour le SNPL.

La demande porte sur plusieurs années, ce qui n’est pas « complètement délirant » sachant qu’Air France investit chaque année un milliard d’euros, ajoute Véronique Damon.

Sollicitée, la direction d’Air France n’a pas souhaité s’exprimer.