SNCF, Air France, déchèteries... Le point sur les blocages

MOBILISATION Manuel Valls avait notamment qualifié la grève à la SNCF « d’incompréhensible »…

Clémence Apetogbor

— 

Illustration de la grève à la Gare de Lyon, le 31 mars 2016.
Illustration de la grève à la Gare de Lyon, le 31 mars 2016. — LIONEL URMAN/SIPA

Le gouvernement parviendra-t-il à éteindre la grogne sociale ? A deux jours de l’Euro de football, l’issue semble encore loi d’être trouvée alors que des grèves à la SNCF, dans des raffineries, centres de déchets et des manifestations sont à venir ce mercredi.

La grève à la SNCF se poursuit

Les demandes de François Hollande à cesser la grève à la SNCF, aujourd’hui principal champ de bataille contre la loi travail, n’ont pas été entendues, ni celles de Manuel Valls qui l’a qualifiée d'« incompréhensible ».

La direction de la SNCF recensait en matinée encore 8,3 % de grévistes, tous personnels confondus, dont une forte proportion de conducteurs. Le trafic restait perturbé, avec une légère amélioration puisque 80 % des TGV et six Intercités sur dix circulaient. En Ile-de-France, toujours un Transilien et RER sur deux seulement.

>> A lire aussi : Quand François Hollande ironise sur les «tourmentés et les inquiets»

Le mouvement entamé il y a huit jours a été reconduit pour mercredi, malgré un projet d’accord sur le temps de travail consacrant le maintien des règles internes actuelles (RTT, repos) et en améliorant d’autres (travail de nuit).

Notant les « améliorations arrachées », la CGT-cheminots, premier syndicat au sein de l’entreprise ferroviaire, n’a pas donné de mot d’ordre. De leur côté, SUD-rail (troisième) et FO (non représentatif) ont appelé à la poursuite du mouvement. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a annoncé signer le projet d’accord à la SNCF.

Les poubelles s’accumulent, des raffineries toujours au ralenti

Dans la capitale, dans certains arrondissements, les poubelles ne sont plus ramassées depuis plusieurs jours. Les trois principaux sites de traitement de la région parisienne étaient bloqués mercredi matin tout comme l’incinérateur de Fos-sur-Mer qui traite les ordures ménagères de Marseille et deux autres en Ariège.

Des grèves se poursuivaient aussi dans la zone industrielle du Havre et dans trois raffineries Total, dont celle de Feyzin (Rhône) où la direction avait pourtant annoncé la fin du mouvement entamé il y a plus de deux semaines. Des actions sont annoncées jeudi dans l’énergie et les ports.

La CGT refuse de voir un essoufflement de la contestation démarrée il y a trois mois et qui n’a plus le soutien de l’opinion, selon le dernier sondage. Le syndicat annonce de nouvelles manifestations, mercredi et jeudi, avant une manifestation nationale parisienne le 14 juin à l’appel des sept syndicats opposés au projet de loi de Myriam El Khomri (CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL).

Les pilotes d’Air France également en grève

Pour d’autres raisons, une grève des pilotes est également prévue chez Air France du 11 au 14 juin. Elle donnerait, selon Laurent Berger, « une très mauvaise image », voire une « mise en danger de la compagnie ».

Les négociations syndicats-direction devaient reprendre mercredi à 14h00 après des discussions qui se sont poursuivies jusque tard dans la nuit.

>> A lire aussi : Des intermittents du spectacle s'incrustent devant le domicile de Myriam El Khomri