Au procès des faux-monnayeurs, des billets «disparaissent»

JUSTICE Un journaliste, présent à l'audience, a relayé cette histoire rocambolesque sur Twitter...

C. A. et N. Beu. avec AFP

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Un exemple de faux billets (illustration).
Un exemple de faux billets (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Moment de flottement au procès des faux billets ce mardi. Alors que Dominique Patrom, 59 ans, et son beau-frère, Marceau Bom-Gertner, 63 ans, sont jugés depuis ce lundi pour avoir imprimé plus de 320.000 faux billets de 20 euros, une étrange « disparition » s’est produite devant la cour d’assises de Paris.

Flashback. En début d’après-midi, un enquêteur de l’Office central pour la répression du faux monnayage se trouve à la barre. Pour faire constater à la cour et aux jurés la qualité des billets, le président fait alors ouvrir des scellés. De l’avocat général au dernier juré supplémentaire, chacun examine avec attention les faux billets, le président y allant de son diagnostic : « La texture a l’air meilleure sur le 50 a priori. » « La France est malheureusement le pays où il y a le plus de fausse monnaie », commente l’enquêteur.

Un « mauvais comptage » ?

Quand soudain, le hic. La greffière fait le compte, la mine contrariée, cherche l’huissier d’audience du regard. Elle souffle, il recompte. La greffière parle à l’oreille du président, il grimace. On regarde sous les dossiers pour voir si quelque billet ne serait pas venu s’égarer.

Pendant ce temps, l’enquêteur continue sa déposition, parle de la contrefaçon de masse en Italie. Ce qui n’était jusqu’ici que murmuré jaillit. Le président évoque le « petit souci » : l’étiquette de la pochette transparente du scellé mentionne 79 billets de 20 euros, « on en a que 57 ». « Est-ce qu’il y a eu un mauvais comptage ? » s’interroge-t-il.

Dans la salle, on s’interroge. Un journaliste indépendant, Julien Mucchielli, raconte la scène depuis son compte Twitter.

Il explique que les billets circulent entre les jurés et les parties. Mais au moment où la greffière les recompte. Il en manque.

S’en suit alors toute une salve d’interrogations. Les billets ont-ils pu être dérobés au moment où le scellé a été brisé ? L’ont-ils été lors de l’audience ?

Le journaliste en plaisante même.

Pour l’heure, le mystère reste entier. Il n’y a en tout cas pas eu de mauvais comptage lors de l’ouverture du scellé. En marge de l’audience, les uns et les autres ont émis l’hypothèse d’une erreur lors de la constitution du scellé. Peut-être due à la fatigue d’une longue perquisition, qui, comme l’avait dit l’enquêteur, « a commencé à 10h du matin » pour se terminer « le lendemain à 14h », « on a travaillé toute la nuit, ça a été un énorme travail ».

Le procès, lui, s’est en tout cas bel et bien poursuivi, et est prévu jusqu’à vendredi. Si les faits reprochés aux deux accusés sont passibles de 30 ans de réclusion criminelle, Dominique Patrom, en récidive légale, encourt la perpétuité.