Affaire Bygmalion: Les juges d'instruction ont terminé leurs investigations

JUSTICE L’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy est mis en examen dans ce dossier…

20 Minutes avec AFP

— 

Le site de la société événementielle Bygmalion
Le site de la société événementielle Bygmalion — JOEL SAGET / AFP

Les investigations menées par les juges d’instruction dans le cadre de l’enquête Bygmalion sont désormais terminées, a appris l’AFP mardi de source judiciaire.

Nicolas Sarkozy est mis en examen dans cette affaire pour financement illégal de campagne électorale de 2012. Mais il n’est pas mis en cause pour avoir eu connaissance d’un système de fausses factures.

Treize personnes mises en examen

Cadres de l’ancienne UMP, responsables de la campagne présidentielle, dirigeants de la société de communication Bygmalion et de sa filiale événementielle Event and Cie, treize autres personnes sont mises en examen dans cette enquête ouverte aussi pour faux, abus de confiance et escroquerie.

Pour les enquêteurs, les fausses factures établies par Event and Cie pour des conventions de l’UMP qui n’ont jamais eu lieu ont permis d’imputer au parti environ 18,5 millions d’euros de dépenses correspondant en fait à des prestations pour des meetings présidentiels.

La fraude aurait permis de présenter un budget dans les clous, c’est-à-dire sous le plafond légal de 22,5 millions d’euros, alors qu’il était largement dépassé en raison de la multiplication des meetings.

>> A lire aussi : Selon Lavrilleux, les comptes de campagne de Sarkozy «ont débordé de tous les côtés»

Sarkozy conteste tout dérapage

Des dirigeants de Bygmalion ou Event and Cie ont reconnu leur participation à un tel système, tout comme Jérôme Lavrilleux, l’ancien directeur adjoint de la campagne et ancien bras droit de Jean-François Copé à l’UMP, a reconnu en avoir eu connaissance.

Nicolas Sarkozy a qualifié cette thèse de « farce », contestant tout dérapage de ses dépenses et soulevant l’hypothèse de surfacturations de la part des dirigeants de Bygmalion dans le dos de son équipe de campagne.

Une expertise financière rendue à la mi-avril aux juges d’instruction ne conclut toutefois pas à des anomalies dans les prix pratiqués par Bygmalion tout au long de la campagne.

>> A lire aussi : Une affaire Bygmalion chez les Balkany?

Des dépenses suspectes de plusieurs millions d’euros

La thèse d’une fraude conçue uniquement entre Bygmalion et l’UMP dans le dos des responsables de la campagne s’était déjà étiolée avec l’extension de l’enquête à d’autres dépenses suspectes qui ne concernent pas cette société de communication, par exemple pour le transport de militants. Ces autres dépenses suspectes s’élèvent à plusieurs millions d’euros.

La clôture de l’enquête ouvre un délai durant lequel les parties peuvent faire de nouvelles demandes d’actes, avant les réquisitions du parquet et la décision finale des juges d’instruction sur un éventuel procès.