Inondations sur l'autoroute A10: où en sont les travaux?

A L’ARRÊT Cofiroute, exploitant de l’autoroute A10, n’est pas capable de prédire quand rouvrira le tronçon au nord d’Orléans, noyé par les eaux…

Ca.P.

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Sur l'autoroute A-10, fermée depuis le péage de St-Arnoult-en-Yvelines en direction d'Orléans, 650 automobilistes se sont retrouvés bloqués, selon les autorités.
Sur l'autoroute A-10, fermée depuis le péage de St-Arnoult-en-Yvelines en direction d'Orléans, 650 automobilistes se sont retrouvés bloqués, selon les autorités. — GUILLAUME SOUVANT / AFP

« Pour l’instant, on n’a aucune idée de la date de réouverture », prévient d’emblée Cofiroute, l’exploitant de l’autoroute A 10. Depuis mardi, les quelque 40.000 véhicules qui empruntent quotidiennement cet axe sont obligés d’utiliser un itinéraire "bis". En cause : les quatre gigantesques nappes d’eau qui recouvrent la route entre les kilomètres 86 et 93, au nord d’Orléans. Sur cette portion de sept kilomètres, l’eau atteint à certains endroits 1,10 mètre de profondeur.

A l’origine de ces inondations, la crue de la Retrève, un petit cours d’eau qui passe à proximité de l’autoroute. « On a beau tout mettre en œuvre pour remettre en état ce tronçon, nous sommes, comme tout le monde, dépendant des conditions climatiques et la décrue ne dépend pas de nous », explique l’entreprise. Les opérations de pompage ont permis ce lundi une nette baisse du niveau sur trois des quatre nappes mais une dernière continue à être alimentée en eau.

500 personnes mobilisées

La première étape des travaux s’est terminée dimanche soir avecl’évacuation des 200 voitures et de la cinquantaine de poids lourds pris au piège. Pour ce faire, un corridor de 800 mètres de long a été créé sur l’une des nappes d’eau en installant une digue avec pas moins de 3000 sacs de deux tonnes de gravats. Des pompes ultra-puissantes - dont certaines acheminées depuis les Pays -Bas - ont permis d’évacuer suffisamment d’eau dans la nuit pour que 25 dépanneuses remorquent les véhicules dimanche.

En parallèle de ces opérations, un bassin de désengorgement de 5000 mètres carrés, construit en deux jours, a permis l’évacuation d’une des quatre nappes. Une seconde semble se vider par elle-même et les travaux de pompage ont permis de venir à bout d’une troisième. Les difficultés se concentrent aujourd’hui au niveau de la nappe du kilomètre 86, là où étaient bloqués les véhicules. La digue provisoire a été démontée dans la nuit et le pompage tourne à plein régime. Reste que le niveau de l’eau descend plus doucement que prévu. Le groupe Vinci a mobilisé 500 collaborateurs sur ce chantier et plusieurs des filiales BTP du groupe (Eurovia, GTM…).

Inspection des voies

Une fois les travaux d’assèchement terminés, « une inspection des voies sera nécessaire », explique Cofiroute. Si théoriquement, la structure de l’autoroute est prévue pour résister aux catastrophes naturelles, les techniciens doivent vérifier que cette immersion prolongée n’a pas affaibli la structure. « Des études des équipements et des sols seront effectués », poursuit l’entreprise.

C’est cette phase qui complique l’estimation de la durée des travaux : « Ça va dépendre de ce qu’on trouve ! ». C’est également pour cette raison que l’entreprise refuse de se prononcer sur le coût d’une telle catastrophe.