Loi travail: Le manifestant blessé par une grenade est sorti du coma

JUSTICE L’homme de 28 ans souffrait d’un œdème cérébral après avoir été victime d’un jet de grenade…

20 Minutes avec AFP

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Un homme a été blessé à la tempe gauche par un éclat de grenade tiré par la police, jeudi soir.
Un homme a été blessé à la tempe gauche par un éclat de grenade tiré par la police, jeudi soir. — Capture d'écran / Twitter

Le jeune homme blessé à Paris lors d’une manifestation contre la Loi Travail, le 26 mai dernier, est sorti du coma artificiel, révèle L’Express. Cet homme de 28 ans souffrait d’un œdème cérébral. Une plainte contre X a été déposée par sa famille pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ». Elle fait suite à une enquête ouverte par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Le fonctionnaire qui a jeté la grenade, un membre de la compagnie d’intervention de la préfecture de police de Paris, a rendu compte de son action dans un rapport administratif. L’auteur du tir, qui a été entendu par les enquêteurs dans l’enquête administrative, « est carré, expérimenté », assure-t-on de source policière. « Dans un climat d’extrême tension, il ne semble pas avoir outrepassé les consignes », estime-t-on.

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Rappel des faits

Les faits ont eu lieu jeudi 26 mai à la fin de la manifestation contre la Loi Travail, à Paris, au niveau du cours de Vincennes. Selon la préfecture de police, « une centaine de personnes ont pris à partie cinq fonctionnaires de police qui procédaient à une interpellation et ont dû se retrancher dans une résidence privée dans l’attente de l’arrivée de renforts ».

Néanmoins, la vidéo de la totalité de l’événement et publiée par une télévision russe, semble mettre en cause la version de la police (à regarder à partir de 5h 19 mn). En effet, les fonctionnaires de police ne semblent pas particulièrement pris à partie par les manifestants. Ces derniers réclament bien la libération d’un adolescent interpellé mais sans adopter de comportements agressifs.

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Or, selon une source policière, la grenade à main de désencerclement (GMD) « ne peut être utilisée que si l’usage est nécessaire face à une situation de danger, d’urgence, quand par exemple les policiers sont acculés ou quasiment encerclés par les manifestants ». Ce qui, à la vision de la vidéo, ne semble pas évident.

Une seule sommation

D’autre part, la grenade a été lancée par un policier qui était en train de rejoindre ceux retranchés dans la résidence privée. Et si la munition a bien été lancée au ras du sol comme le veut la procédure, il n’y a eu qu’une seule sommation, affirme Le Petit Journal. Puis, une fois la GMD lancée, les policiers ont continué de jeter des lacrymos pour disperser les manifestants venant en aide au blessé.

Par ailleurs, d’après Libération qui cite deux témoins, deux gendarmes auraient pénétré dans le camion de pompiers où a été recueilli le jeune homme et auraient molesté ce dernier. Des circonstances troubles sur lesquelles l’IGPN devra faire la lumière.