L'appel à la grève dans l'aérien au moment de l'euro jugée «irresponsable» par Vidalies

TRANSPORTS « Il serait incompréhensible que la France soit bloquée dans le transport aérien » pendant l’Euro 2016 de football, a estimé le secrétaire d'Etat aux Transports, ce vendredi matin... 

Christophe Quelais

— 

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, sur RTL, le 3 juin 2016.
Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, sur RTL, le 3 juin 2016. — RTL

« Incompréhensible. » Cet adjectif, le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, l’a utilisé à plusieurs reprises ce vendredi matin sur RTL au sujet des grèves dans les transports aériens et ferroviaires.

Il a ainsi qualifié l’appel à la grève des pilotes d’Air France, du 11 au 14 juin, d'« assez irresponsable pour ne pas dire incompréhensible ». « J’espère que c’est simplement une opération médiatique » et que « le dialogue va l’emporter », a commenté le secrétaire d’Etat. « Il serait incompréhensible que la France soit bloquée dans le transport aérien » pendant l’Euro 2016 de football (10 juin-10 juillet) en France, a-t-il insisté.

« On ne peut pas nous demander à nous d’essayer de résister à un certain nombre de compagnies qui font du low-cost ou aux compagnies du Golfe et de ne jamais être au rendez-vous lorsqu’il faut justement défendre cette compagnie qui est la compagnie nationale », s’est-il justifié.

« Ils changent de sujet pour justifier la poursuite de la grève »

Même ton à propos de la grève à la SNCF (reconduite ce vendredi matin). « Il est temps d’enregistrer les avancées et de reprendre le travail », a invité Alain Vidalies, qui a fait part de son « incompréhension ».

« On a quand même l’impression qu’à chaque fois qu’il y a une avancée, ils changent de sujet pour justifier la poursuite de la grève », a-t-il commenté.

La SNCF discute depuis fin mars avec les syndicats une nouvelle organisation du temps de travail, le précédent accord devenant caduc au 1er juillet. Parallèlement, des discussions sur le même thème ont été menées au niveau de la branche pour aboutir à une première convention collective commune à toutes les entreprises du rail (fret/voyageurs, privé/public).

Alain Vidalie a souligné la différence entre la SNCF, une entreprise publique, et Air France, une entreprise privée dont l’Etat n’est actionnaire qu'« à 17 % ». Ainsi pour désamorcer le conflit, en pleine contestation du projet de loi Travail, le secrétaire d’Etat a forcé le patron de la SNCF Guillaume Pepy à renoncer à assouplir la réglementation actuelle, notamment sur l’encadrement des repos des cheminots. Le dirigeant comptait sur cet accord pour abaisser ses coûts avant l’ouverture totale à la concurrence. Une intervention qu’Alain Vidalies ne juge pas possible dans le cas de la compagnie aérienne.