L’auto-hypnose pour améliorer sa vie amoureuse, ça marche?

J’AI TESTE C’est ce que promet le manuel de l’hypnothérapeute Jean-Michel Jakobowicz [Spoiler: en vrai, c'est pas top top]…

Audrey Chauvet

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Une femme sous hypnose.
Une femme sous hypnose. — IDF/Chameleons Eye/NEWSCOM/SIPA

Installez-vous confortablement, fermez les yeux, comptez de 45 à 35 et laissez-vous aller… Maintenant que vous êtes en état d’hypnose, vous allez pouvoir régler bien des problèmes : perte de poids, arrêt du tabac, confiance en soi et même rencontrer le grand amour ou vivre une sexualité plus épanouie. Pratiquée par un nombre de plus en plus important de psychothérapeutes, l’hypnose est à la mode. L’hypnothérapeute Jean-Michel Jakobowicz promet même, avec un manuel à paraître lundi 6 juin, de Réussir sa vie amoureuse avec l’autohypnose (éd. Leduc). J’ai testé pour vous l’efficacité de la méthode (d'autant plus qu’à 35 ans il serait temps, mais bref j’ai testé pour vous).

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Etape 1 : Détendez-vous…

L’avantage de l’auto-hypnose par rapport à une consultation chez un professionnel, c’est qu’on peut la pratiquer n’importe où, n’importe quand, et que ça ne coûte pas cher (18 euros le livre pour un nombre indéterminé de séances). Encore faut-il trouver le temps. (Bon, là je peux pas, j’ai apéro, mais demain promis je le fais). Et surtout démarrer après avoir franchi la première étape : la définition de l’objectif… qui doit être moins prosaïque que « choper Jean-Luc de la compta ». « Si on part sur un faux objectif, ce ne sera pas inutile mais ce sera plus long », explique Jean-Michel Jakobowicz.

Par exemple, vous pensez que vous voulez perdre du poids, mais dans le fond, est-ce que ce poids n’est pas une barrière que vous vous mettez à la rencontre avec l’homme de votre vie ? « Pour déterminer l’objectif, il faut se demander : si j’avais une baguette magique, à quoi ressemblerait ma vie idéale demain matin ? », conseille l’hypnothérapeute. Cette étape primordiale n’est pas si facile à franchir seul(e) : on croit savoir, et puis non, et puis peut-être pas. « Le thérapeute aide bien sûr à définir cet objectif mais on peut faire le travail en soi », estime Jean-Michel Jakobowicz. Pour l’instant, je suis encore bloquée sur Jean-Luc, mais je vais creuser un plus profond en moi.

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Etape 2 : Entrez en transe

Quand l’hypnothérapeute vous parle de sa voix douce, calme, grave, que vous avez un peu fait la bringue la veille et qu’il est 9h du matin, vous glissez très (trop) facilement dans la transe (aka le sommeil si vous avez un peu forcé sur le jaja la veille). Une fois seul(e) à la maison, avec un casque audio sur les oreilles, il faut réussir à décrocher de tous les éléments perturbateurs, type chat qui saute dans le cactus, voisin qui torture une guitare et portable qui vibre toutes les 5 secondes. « Il faut prendre un moment pour soi », conseille Jean-Michel Jakobowicz. Ok, de toute façon je vis seule donc je vais pas prendre un moment pour l’homme invisible, hein.

Les « transes » sont des textes adaptés à chaque problème : je suis trop timide, je ne fais pas confiance aux hommes, je suis maladivement jalouse, je n’ai jamais connu l’orgasme… Le problème, c’est qu’un manuel d’auto-hypnose ne propose que des modèles standards alors qu’un thérapeute peut faire du sur-mesure. « Les exemples de transes qui sont dans le livre permettent de s’inspirer pour trouver les mots-clés et les métaphores qui vont agir sur notre inconscient », explique l’hypnothérapeute. A chacun d’écrire son propre texte. J’avoue, j’ai peur que le mot-clé « nyctalope » [qui peut voir dans la pénombre] que j’ai intégré dans ma transe n’ait un effet délétère sur mon inconscient. « Au pire, il ne se passe rien, l’autohypnose ne peut pas être dangereuse », rassure Jean-Michel Jakobowicz.

Etape 3 : Les résultats

Après quelques séances d’auto-hypnose, on est censé avoir surmonté les blocages qui nous minaient et atteint son objectif. Curieusement, je n’ai pas encore convolé en justes noces avec Ryan Gosling (sorry, Jean-Luc). « Parfois une séance suffit, pour d’autres c’est plus long », note le thérapeute. Si cela prend du temps, c’est parce qu’il faut déconstruire des idées ancrées en nous depuis le plus jeune âge : « Quand une maman raconte une histoire à son enfant pour l’endormir, elle pratique sans le savoir une transe sur lui et ce qu’elle va dire à ce moment-là va s’imprimer dans l’esprit de l’enfant. Si c’est une histoire de prince charmant, il y a de fortes chances pour que la petite fille devenue grande soit très déçue par la réalité et que son inconscient lui dise que les hommes qu’elle rencontre ne correspondent pas à ce qu’elle imaginait », raconte l’hypnothérapeute. Allez, la Belle au bois dormant a bon dos. « Les événements de la vie, un divorce des parents ou la manière dont on a été éduqué(e) sont aussi importants », ajoute-t-il.

L’hypnose aurait ainsi le pouvoir de modifier des schémas grâce à des histoires comportant des mots-clés qui « entrent dans l’inconscient pour le faire changer doucement », mais « on ne sait pas comment ça marche », avoue Jean-Michel Jakobowicz. Ce n’est pas de la méthode Coué, qui consiste à se convaincre de quelque chose, mais un dialogue avec l’inconscient lorsqu’il est en état de latence. « Les résultats obtenus par l’auto-hypnose ne sont pas garantis, mais on a en soi toutes les ressources nécessaires pour guérir », assure le thérapeute. Pour réaliser un travail efficace, mieux vaut toutefois confier ces ressources à un professionnel.