Bac: Améliorer sa mémoire et ses méthodes d'apprentissage, c'est possible

REPORTAGE Avec des méthodes ciblées, il est facile de repousser les limites de notre mémoire…

Anissa Boumediene

— 

Durant le stage de deux jours, les participants apprennent les méthodes qui leur permettront de développer leurs capacités de mémorisation.
Durant le stage de deux jours, les participants apprennent les méthodes qui leur permettront de développer leurs capacités de mémorisation. — A. Boumediene / 20 Minutes

Ils sont tous là pour bosser. Malgré la pluie intermittente qui douche Paris, ils sont huit à avoir renoncé à un week-end cocooning pour suivre un stage de mémorisation organisé par un athlète de la mémoire, Sébastien Martinez.

>> A lire aussi : «80% des élèves commettent deux erreurs dans leurs révisions»

En deux jours, ce champion de France de la mémoire, ingénieur des Mines et auteur d’Une mémoire infaillible* (éd. Premier parallèle) transmet aux lycéens, étudiants et autres adultes en formation les clés pour « apprendre à apprendre et oublier d’oublier ». Des méthodes d’apprentissage et de mémorisation pour que notre mémoire ne soit plus une passoire et optimiser ses chances de réussite aux examens, alors que le bac et le brevet approchent à grands pas.

>> A lire aussi : Cinq règles pour une bonne fiche de révisions

« Créer des connexions, des liens avec notre imagination »

Comme dans une classe, il y a les studieux, les taiseux, ceux qui posent plein de questions et celui qui fait rire ses camarades.

L’ambiance est studieuse et bon enfant : on rit, on se taquine, mais surtout, on travaille sa mémoire. « L’idée, c’est de créer des connexions, des liens avec notre imagination. De trouver notre propre chemin pour remonter le fil de nos souvenirs, c’est cela qui permet de booster sa mémoire », explique Sébastien Martinez, qui a partagé avec ses élèves du jour sa boîte à outils, remplie de techniques différentes pour développer ses capacités de mémorisation. Moyens mnémotechniques, construction d’un palais mental et autre méthode du mind-mapping sont autant d’outils expliqués aux huit élèves du stage pour les aider à devenir des cracks de la mémoire.

Place désormais à la pratique. Exercice de la matinée : le mind-mapping, une méthode pour faire des fiches hypersynthétiques, qui contiennent les éléments clés que l’on doit apprendre, et surtout dont on se souvient efficacement. « Vous avez 20 minutes », lance Sébastien, alors que chacun commence à résumer son propre cours avec ses propres mots. De droit pour Zoé, de médecine pour Elisa et Ambroise, de français et de physique pour Alexandre, en 1re S.

« C’est carrément beaucoup plus simple ! »

Puis vient l’heure de « la feuille blanche ». « Prenez une feuille blanche et réécrivez de mémoire la fiche que vous venez de faire », demande Sébastien. Un moyen simple et efficace d’apprendre ce que l’on vient de traiter. S’il y a quelques oublis çà et là, les résultats sont vite au rendez-vous. « Je ne pensais pas je restituerais autant, je me souviens plus de ma fiche que si j’avais lu plusieurs fois mon chapitre. C’est carrément beaucoup plus simple ! », s’enthousiasme Elisa. « C’est très visuel, abonde Isabelle. Avec la carte mentale, on visualise mieux le cours qu’en apprenant un texte de manière linéaire, les connexions se font plus facilement ».

>> A lire aussi : Les corrigés des épreuves et les résultats sont sur «20 Minutes»

« Ce stage ne fait pas de nous des disques durs sur pattes, mais il nous offre des outils différents sur lesquels on peut s’appuyer », explique l’étudiant en médecine, qui a découvert ce week-end la méthode du palais mental pour apprendre par cœur le tableau périodique des éléments.

Même constat pour Sarah : « C’est clair et c’est quand même moins pénible que d’écrire sur un cahier ». Ce stage, elle s’y est inscrite avec son fils, Tom, qui passera le brevet des collèges dans un mois. « Mon fils est dyslexique, du coup, je suis toujours à la recherche de méthodes d’apprentissage stimulantes pour lui : tutoriels sur internet, films, expos. L’important, c’est de sortir des schémas classiques pour l’aider à apprendre ».

Des méthodes qui font des petits

Et aujourd’hui, toutes ces méthodes font des petits. Parmi les élèves du jour, Isabelle et Jean-Pierre ont fait le déplacement depuis Limoges. Pour les deux thérapeutes, qui reçoivent parfois en consultations des jeunes qui ont des difficultés d’apprentissage, ce stage est l’occasion de maîtriser toutes ces techniques, pour mieux les transmettre aux patients qui en ont besoin. « Sébastien répare les dégâts de l’Education nationale et de son apprentissage linéaire. Or le cerveau fonctionne par connexions, et avec les méthodes de Sébastien, on apprend plus vite, de manière plus ludique », tranche Jean-Pierre, qui, à 60 ans, « compte bien utiliser tout ce qu'[il a] appris ce week-end pour booster [sa] propre mémoire ».

« Je ne comprends pas que ces méthodes d’apprentissage ne soient pas enseignées dans les écoles, c’est tellement plus ludique et efficace », clament en chœur Zoé et Sarah. « Je suis sûre que ça pourrait aider de nombreux élèves en décrochage scolaire », poursuit l’étudiante en droit. Ravis des enseignements reçus, aucun des participants ne regrette son investissement, pourtant conséquent : 400 euros pour les étudiants et 650 euros pour les adultes. « C’est un sacrifice », explique Sarah, qui a déboursé 1.050 euros pour suivre le stage avec son fils, « mais c’est un bon investissement ».

Plus d’informations www.sebastien-martinez.com

Une mémoire infaillible, briller en société sans sortir son smartphone, éditions Premier Parallèle, 160 pages, 16 euros, en librairie le 26 mai.