François Hollande et Angela Merkel célèbrent «l'esprit de Verdun»

MÉMOIRE Le président français et la chancelière allemande commémorent le centenaire d'une des plus sanglantes batailles de la Grande Guerre, dans cette ville devenue symbole de la paix...

20 Minutes avec AFP

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Commémoration de Verdun.
Commémoration de Verdun. — Jean Christophe Verhaege/AP/SIPA

« L’esprit de Verdun », célébré ce dimanche par François Hollande et Angela Merkel. Les deux chefs d’Etat commémorent le centenaire d’une des plus sanglantes batailles de la Grande Guerre, dans cette ville devenue symbole de la paix.

« Le nom est un symbole pour l’inconcevable atrocité et absurdité de la guerre, mais aussi pour les leçons et la réconciliation franco-allemande », a déclaré la chancelière allemande, reçue à l’Hôtel de Ville de Verdun, une première pour un dirigeant allemand. « Votre accueil chaleureux n’a rien d’évident pour moi, comme chancelière d’Allemagne », a souligné Angela Merkel.

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« Vive l’amitié, l’esprit de Verdun »

« Théâtre tragique » d’une sanglante bataille qui fit plus de 300.000 morts dans les deux camps en 10 mois en 1916, « Verdun est pour la première fois honoré non pour son passé de souffrance mais pour son message d’espérance », a renchéri le président français aux côtés de la chancelière.

« Verdun est une ville qui représente à la fois le pire, là où l’Europe s’est perdue il y a cent ans, et aussi le meilleur, là où la ville a été capable de s’investir, de s’unir pour la paix et l’amitié franco-allemande. Vive l’amitié, l’esprit de Verdun », a conclu François Hollande. Ils ont ensuite remis le prix De Gaulle Adenauer, récompensant les actions en faveur de la paix, au maire de la ville Samuel Hazard.

Moment recueillement comme Kohl et Mitterrand en 1984

François Mitterrand et Helmut Kohl à la nécropole de Douaumont, en 1984.
François Mitterrand et Helmut Kohl à la nécropole de Douaumont, en 1984. - MARCEL MOCHET / AFP

Auparavant, les deux dirigeants avaient entamé sous la pluie la journée au cimetière allemand de Consenvoye pour un moment de recueillement, exactement comme le firent Helmut Kohl et François Mitterrand en 1984, avant de se prendre la main devant l’ossuaire de Douaumont, dans un geste devenu celui de la réconciliation franco-allemande.

Partageant le même parapluie, François Hollande et Angela Merkel ont parcouru en devisant le cimetière où sont enterrés plus de 11.000 soldats allemands et ont reçu un fac-similé du Livre d’or signé par leurs prédécesseurs. « Ce que nous avons à faire avec la chancelière, ce n’est pas une réconciliation, elle est faite (…), c’est de dire ensemble ce que nous voulons faire dans ce moment précis pour l’Europe », avait précisé François Hollande en amont de la cérémonie.

Le président et la chancelière devaient d’ailleurs ensuite discuter de questions d’actualité, en particulier de la question des migrants, qui enflamme les discours nationalistes en Europe, lors d’un déjeuner de travail.

Verdun, le souvenir des 300.000 victimes

Après une visite au mémorial de Verdun rénové, où ils seront rejoints par les présidents de la Commission européenne et du Parlement européen Jean-Claude Juncker et Martin Schulz, le point d’orgue des célébrations sera l’entrée du président et de la chancelière, accompagnés chacun d’une jeune fille, dans l’immense nef de l’ossuaire de Douaumont. Nécropole nationale, Douaumont accueille les ossements de 130.000 soldats français et allemands.

Au même moment, sonnera le glas jusqu’à des kilomètres à la ronde en mémoire des 300.000 victimes de la bataille qui dura de février à décembre 1916.