Attentats de novembre: Des familles de victimes attaquent l'Etat belge

TERRORISME « Le résultat, on le connaît : c’est le décès de plusieurs personnes innocentes », a déploré l’avocate des familles de victimes…

Clémence Apetogbor

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Des fleurs déposées à proximité du Bataclan, le 14 novembre 2015.
Des fleurs déposées à proximité du Bataclan, le 14 novembre 2015. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Elles sont 17. Des familles de victimes des attentats du 13 novembre entendent déposer plainte contre l’ Etat belge, rapporte ce lundi RTL.

Ces familles, précise la radio sur son site Internet, estiment que la Belgique n’a pas pris toutes les mesures adéquates pour tenter d’empêcher les attaques meurtrières perpétrées dans l’est de la capitale et à Saint-Denis.

Un rapport pointe une série de manquements

Elles reprochent notamment à l’Etat belge des failles dans la surveillance des frères Brahim et  Salah Abdeslam, ce dernier est le seul survivant des commandos aujourd’hui incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne).

Les services de renseignement belges disposaient d’informations qui auraient dû les mettre en alerte, selon les conclusions d’un rapport confidentiel réalisé par le comité P, la police des polices belge.

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On apprend dans ce rapport que les deux frères ont été auditionnés par la police début 2015 car ils étaient soupçonnés de vouloir se rendre en Syrie, avant de repartir libres, sans être inculpés.

Des éléments cruciaux livrés aux autorités

RTL souligne qu’un informateur avait pourtant livré des éléments cruciaux sur Salah Abdeslam à la police locale, affirmant qu’il serait en contact avec Abdelhamid Abaaoud, futur cerveau des attentats de Paris et prêt à partir en Syrie. Un avis de recherche urgent est alors lancé contre le Belge, sans succès.

C’est Salah Abdeslam lui-même, poursuit RTL, qui s’est rendu au commissariat de Molenbeek pour être entendu, et indique que le Belge est une vieille connaissance. Son téléphone est saisi, mais son contenu ne sera analysé qu’après le 13 novembre. Le parquet fédéral belge a été saisi, mais, faute de moyens, le dossier est gelé. Il est ensuite mis en attente, puis classé sans suite en juin 2015.

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Pourtant, certains signes auraient dû alerter les autorités belges. Le voyage de Salah Abdeslam en Grèce, son aller-retour en Autriche pour récupérer des djihadistes et un drapeau de l’organisation de l’État islamique arboré fièrement sur son compte Facebook, trois semaines seulement avant les attaques.

« Malgré des alertes lancées par les différentes surveillances de personnes susceptibles de passer à des actions armées, il n’y a jamais eu de judiciarisation de ces personnes dont on avait la certitude qu’ils étaient radicalisés », a regretté l’avocate des familles des victimes, Samia Maktouf. « Le résultat, on le connaît : c’est le décès de plusieurs personnes innocentes. Nous allons demander la condamnation de l’État belge pour que plus jamais de tels dysfonctionnements ne puissent se répéter ». Les attentats de novembre ont fait 130 morts et plus de 400 blessés.