Carburant: Rationnement dans plusieurs départements de l'Ouest et du Nord

SOCIETE Dans l'Oise, la Seine-Maritime et la Somme, il y a des ruptures sur le gasoil à «quasiment à 100%»...

20 Minutes avec AFP

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Le 17 avril 2012. Illustration d'une pompe à essence. // PHOTO : V. WARTNER / 20 MINUTES
Le 17 avril 2012. Illustration d'une pompe à essence. // PHOTO : V. WARTNER / 20 MINUTES — A. GELEBART / 20 MINUTES

Stations fermées, files d'attente qui s'allongent... Plusieurs préfectures ont pris des arrêtés limitant temporairement la distribution de carburant en raison du blocage, dans l'ouest et le nord de la France principalement, de raffineries ou de dépôts de carburants par des manifestants opposés à la loi Travail.

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Les préfectures d'Ille-et-Vilaine, des Côtes-d'Armor, du Finistère, de l'Orne, de Loire-Atlantique, de Vendée, de Mayenne ou encore de l'Eure ont pris vendredi des arrêtés limitant à 20 ou 30 litres le volume maximal de carburant pour les voitures, et à 40 ou 150 litres pour les poids lourds.

Plusieurs préfectures ont interdit le stockage de carburant dans des bidons, comme en Seine-Maritime, dans le Calvados, mais aussi dans le Nord, la Somme ou encore le Pas-de-Calais, en appelant «au civisme et à la responsabilité de chacun», ou encore réquisitionné certaines stations pour alimenter en carburant les services d'urgence.

Déblocage par la force de certains dépôts de carburant

Faute d'approvisionnement et confrontées aux craintes de certains usagers qui se sont précipités à la pompe redoutant une pénurie, de nombreuses stations-service se sont trouvées à sec depuis jeudi et ont dû fermer. Ainsi au Havre, vendredi matin, une heure était nécessaire pour trouver une station encore ouverte. A Rennes en fin de journée les files d'attente s'allongeaient aux pompes à essence encore ouvertes.

Face au spectre d'une pénurie de carburant, les pouvoirs publics ont décidé vendredi de prendre des mesures de rationnement, et aussi de déblocage par la force de certains dépôts de carburant. Dans le même temps les syndicats ont voté l'arrêt de production de certaines grosses raffineries, ajoutant à la confusion.

«10% de rupture sur les essences au niveau français»

Selon Certas Energy France, qui gère des stations-service sous la marque Esso, il y a «à peu près 10% de rupture sur les essences au niveau français» dans leur réseau avec des problèmes «principalement concentrés sur la zone Normandie et Haut-de-France» et «environ 23% pour le gasoil». Dans l'Oise, la Seine-Maritime et la Somme, il y a des ruptures sur le gasoil à «quasiment à 100%», a précisé le porte-parole de l'entreprise, Jean-François Vigier.

En Bretagne, un dépôt de carburant situé à Vern-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine), et un autre situé sur le port de Lorient (Morbihan), tous deux bloqués depuis le milieu de semaine, ont été rouverts par les forces de l'ordre vendredi après-midi, selon les préfectures. «Les autorités préfectorales ont pris les moyens nécessaires afin de permettre le réapprovisionnement des stations-service et la levée des blocages des dépôts pétroliers», explique dans un communiqué la préfecture de la zone de défense ouest.

Près de Rouen, les forces de l'ordre ont aussi libéré le dépôt de carburant du terminal Rubis du Grand-Quevilly, et sur quatre dépôts qui étaient bloqués dans le Nord, il n'en restait plus qu'un seul bloqué vendredi soir, selon les préfectures. «Sur les huit lieux de stockage de pétrole (qui étaient bloqués en France), six sites ont été libérés soit par la négociation, soit par l'intervention des forces de l'ordre. Parce que les services publics doivent fonctionner (...) la vie économique doit se poursuivre», a déclaré vendredi soir le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sur TF1.

Pour permettre le réapprovisionnement des stations-service, le gouvernement a pris «des arrêtés autorisant les camions de carburant à circuler ce weekend», a annoncé de son côté dans un communiqué Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux Transports.