VIDEO. Attentats de novembre: Pourquoi l'audition de Salah Abdeslam est importante

JUSTICE Six mois après les attaques de Paris, les enquêteurs français vont enfin pouvoir entendre celui qui est considéré comme « l’organisateur »…

20 Minutes avec AFP

— 

Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins.
Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins. — POLICE NATIONALE / AFP

C’est un interrogatoire très attendu. Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos djihadistes du 13 novembre, doit être entendu ce vendredi par les juges d’instruction à Paris.

Le petit caïd radicalisé devenu le fugitif le plus recherché d’Europe jusqu’à son arrestation le 18 mars à Bruxelles doit être extrait de sa cellule de Fleury-Mérogis (Essonne) où il est incarcéré à l’isolement pour être conduit dans le bureau des magistrats antiterroristes, sous surveillance maximale.

Une série d’interrogatoires

La date de son audition avait été annoncée devant les caméras par l’un de ses avocats, Frank Berton, à l’issue de sa mise en examen le 27 avril à Paris, notamment pour assassinats terroristes. L’avocat a fait savoir depuis qu’il ne s’exprimerait pas, « ni avant ni après l’interrogatoire », premier d’une série, prévu sur une journée au palais de justice.

>> A lire aussi : Salah Abdeslam «a volontairement refusé de se faire sauter», selon son frère

Arrêté à Molenbeek, son quartier, après plus de quatre mois de cavale, Salah Abdeslam est le seul protagoniste direct des attentats entre les mains de la justice française. Au cœur de la cellule, au soir des tueries et bien avant, il apparaît comme un acteur central de l’expédition meurtrière du 13 novembre qui a fait 130 morts et des centaines de blessés.

Des informations cruciales ?

De par son rôle, Abdeslam, qui a « envie de s’expliquer » d’après Me Berton, peut donc en théorie livrer des informations cruciales sur la conception du projet djihadiste, ses commanditaires et d’éventuels complices encore dans la nature. Il peut aussi aider à démêler les liens entre les attentats de Paris et de Bruxelles, fomentés par la même cellule du groupe Etat islamique (EI).

>> A lire aussi : Six mois après les attaques, le point sur l'enquête

Mais jusqu’à quel point ? Abdeslam avait alors entretenu le flou en se présentant comme un pion aux ordres de son frère Brahim et d’Abaaoud, tous les deux morts. Désignant ce dernier comme le « responsable » des tueries, il avait affirmé ne l’avoir vu qu’une fois alors qu’ils ont été compagnons de délinquance à Molenbeek. « Il ne faut surtout pas être suspendu à ses lèvres » et attendre des « révélations sensationnelles », prévient Gérard Chemla, avocat de victimes des attentats, d’autant que « les investigations sont allées déjà très loin ».

Dans cette enquête tentaculaire, plus d’une vingtaine de personnes ont été mises en examen ou inculpées, principalement en Belgique. La justice française a d’ailleurs demandé la remise de quatre autres suspects inculpés à Bruxelles, dont trois soupçonnés d’avoir aidé Abdeslam dans sa fuite.