Bac: «80% des élèves commettent deux erreurs dans leurs révisions»

INTERVIEW A trois semaines du baccalauréat, Sébastien Martinez, champion de France de la mémoire, nous livre les secrets pour optimiser ses révisions...

Propos recueillis par Anissa Boumediene

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Avec des fiches synthétiques et en adoptant la bonne stratégie de mémorisation, il est possible de retenir tout ce que l'on a appris durant ses révisions.
Avec des fiches synthétiques et en adoptant la bonne stratégie de mémorisation, il est possible de retenir tout ce que l'on a appris durant ses révisions. — VALINCO/SIPA

Tic-tac, tic-tac. Ça y est, le compte à rebours est lancé : dès le 15 juin, 690.000 lycéens plancheront sur les épreuves du baccalauréat. Philosophie, histoire-géographie, langues ou encore mathématiques : autant de matières qu’il faudra avoir révisées, et de connaissances acquises qu’il faudra savoir restituer une fois sa copie entre les mains. Mais pas de panique, avec les bonnes méthodes et un peu d’organisation, votre mémoire peut retenir tout ce dont vous aurez besoin pour briller le jour des épreuves. Sébastien Martinez, champion de France de la mémoire et auteur d’Une mémoire infaillible* (éd. Premier Parallèle), nous livre ses secrets.

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Que faut-il faire en premier quand on prépare ses révisions ?

Pour apprendre quoi que ce soit, il faut en passer par quatre étapes : la motivation, la compréhension, la mémorisation et la réactivation de ce que l’on a appris.

En premier lieu, il faut savoir organiser son calendrier de révisions. Pour cela, on commence par découper les gros morceaux en petits morceaux ; en clair, on liste tous les chapitres de chaque matière pour découper son travail et planifier ainsi ce que l’on révisera chaque jour. Autant dire que cette méthode ne fonctionnera pas si on bachote la veille de ses examens.

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Par quelles méthodes peut-on apprendre toutes les sommes de connaissances qu’il faut avoir le jour des épreuves ?

La mémoire humaine, c’est comme un disque dur avec un espace de stockage illimité. Mais il faut d’abord comprendre ce que l’on veut mémoriser. Pas la peine de miser sur le par cœur, ce n’est pas fiable et c’est le meilleur moyen de tout oublier. Une fois qu’on a « découpé » toutes ses matières, on fait ses fiches de révision en adoptant quelques règles de base : il faut qu’elles soient synthétiques et visuelles, une fiche ne sert à rien si on y recopie les trois quarts de son cours.

Donc pour chaque leçon, on retient les points essentiels, et cela peut être plus pratique de les rédiger sous forme de schéma : des frises pour les fiches d’histoire, des cartes pour celles de géographie ou des tableaux en sciences. Ensuite, on adopte sa stratégie de mémorisation. Le principe, c’est de se représenter les choses avec ses cinq sens, de trouver des moyens mnémotechniques de se souvenir de ce que l’on apprend.

Justement, dans la série Sherlock, le héros parle de son « palais mental », lieu dans lequel il « stocke » sa mémoire. Dans votre ouvrage, vous parlez de palais de la mémoire, comment ça fonctionne ?

C’est un concept inventé il y a plus de 2.500 ans. On invente un lieu imaginaire dans lequel on stocke des informations.

Si vous fermez les yeux, vous êtes capable de visualiser votre maison, les objets qui s’y trouvent et leur place. Le palais de la mémoire se construit de la même manière : on crée un lieu, et on y place des objets associés à ce que l’on souhaite mémoriser. Il y a deux chemins pour cela : en créant des liens loufoques ou bien des liens logiques. Imaginez que vous deviez retenir la liste de tous les présidents de la République : associez-les à un objet et attribuez-leur une place dans ce palais de la mémoire. Par exemple, en associant Louis Napoléon Bonaparte à un Louis d’or, qui serait placé sur le juda de la porte d’entrée, puis en visualisant Adolphe Thiers sous la forme d’un tiers de gâteau, qui serait posé sur la table, et en voyant un Big Mac à côté d’un chat qui miaulerait dans le salon pour se souvenir de Patrice de Mac Mahon. A chacun de trouver les liens qui fonctionneront.

On peut ensuite se construire plusieurs palais de la mémoire.

Mais comment ne pas oublier tout ce qu’on a appris ?

Il n’y a pas de secret : il fautréviser, mais pas n’importe comment. 80 % des élèves commettent deux erreurs dans leurs révisions : apprendre en bloc et se relire.

Quand on apprend en bloc, on finit par « s’abrutir » sous la somme d’informations, c’est contre-productif. Il faut faire des révisions espacées et « réactiver » régulièrement ce qu’on a mémorisé. Il faut qu’il y ait, dans chaque journée, un temps pour apprendre de nouvelles connaissances, mais aussi un créneau pour revoir ce qu’on a appris précédemment. Par exemple : cela ne sert à rien d’apprendre tous les événements et dates de la Seconde Guerre mondiale d’un seul tenant. On commence par mémoriser cinq dates et on essaie de s’en rappeler une heure après, un jour après, une semaine après et ainsi de suite.

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L’autre écueil à éviter, c’est de se relire quand on révise, c’est une perte de temps. Ce qui est bien plus efficace, c’est d’adopter « la technique de la feuille blanche ». On commence donc par faire sa fiche, puis, au moment de la réviser, plutôt que de la relire, on prend une feuille blanche et on y note tout ce dont on se souvient. Ce n’est qu’après qu’on confronte sa fiche à ce qu’on en a restitué : cela permet de focaliser sur ce que l’on n’avait pas retenu.

Une mémoire infaillible, briller en société sans sortir son smartphone, éditions Premier Parallèle, 160 pages, 16 euros, en librairie le 26 mai.