Manifestation contre la «haine anti-flics»: Un rassemblement dégénère avec une voiture de police incendiée

MOUVEMENT SOCIAL Ces rassemblements de policiers ont eu lieu dans plusieurs villes françaises pour dénoncer la «haine anti-flics»... 

20 Minutes avec AFP

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Une voiture de police incendiée à Paris en marge d'une manifestation sauvage contre les violences policières, le 18 mari 2016 à Paris.
Une voiture de police incendiée à Paris en marge d'une manifestation sauvage contre les violences policières, le 18 mari 2016 à Paris. — Tristan Reynaud/SIPA

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas vraiment. Après un mardi de manifestation contre la loi travail, et avant un jeudi qui prévoit de nouvelles mobilisations contre ce texte, des policiers ont manifesté dans une soixantaine de villes pour dénoncer la « haine anti-flics » et les « casseurs ».

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A Paris, le rassemblement a réuni au moins un millier de participants - 7.000 selon les organisateurs - sur l’emblématique place de la République, où se rassemble chaque soir le mouvement citoyen Nuit debout. La journée a été marquée par une voiture de police incendiée par une quinzaine de contre-manifestants. Deux policiers ont été légèrement blessés. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentative d’homicide volontaire.

Plus de 350 policiers blessés depuis le début des manifestations

Peu avant, un rassemblement prévu par le collectif « Urgence, notre police assassine » a été interdit du fait de « risques importants de troubles graves à l’ordre public ». Mais quelque 300 contre-manifestants dénonçant les violences policières se sont malgré tout rendus à République.

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Selon les autorités, plus de 350 membres des forces de l’ordre ont été blessés depuis le début des manifestations contre la loi travail il y a plus de deux mois.

« Carton rouge : les poulets en ont marre de se faire plumer », pouvait-on lire sur la seule pancarte du rassemblement à Calais, où plusieurs dizaines de policiers en civils ont manifesté comme à Caen, Nice, Clermont-Ferrand, Amiens, Rennes, Le Mans ou Foix. Un demi-millier s’est rassemblé à Lyon, où Sébastien Thillet, d’Unité SGP-Police, a évoqué « un sentiment d’épuisement et de fatigue » après « les attentats, la COP21 » et avant l’Euro de football.

Soutien du gouvernement

Quelques centaines de policiers ont aussi manifesté à Lille, Nantes, Marseille ou Bordeaux, où une pancarte clamait « je suis gardien de la paix, pas gardien de la guerre ». A Toulouse, 200 policiers manifestant en civil étaient séparés par le Canal du Midi d’une trentaine de contre-manifestants encadrés par des policiers en tenue.

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Le gouvernement a ostensiblement affiché sa solidarité avec les policiers. « Soutien très clair » dans « un contexte difficile », a martelé François Hollande en Conseil des ministres. « S’en prendre à eux, c’est s’attaquer à nous tous », a tweeté Manuel Valls.

Applaudie au lendemain des attentats, la police jouit toujours d’une « image exceptionnelle » avec 82 % des Français qui en ont une bonne opinion, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien.

Mais les slogans hostiles aux policiers font florès dans les manifestations. Les forces de l’ordre ont été mises en cause pour des violences, notamment après qu’un jeune homme a perdu l’usage d’un œil à Rennes, et une trentaine d’enquêtes de la « police des polices » ont été ouvertes.

Arrivée d’élus place de la République

Les tensions se sont cristallisées autour d’affiches d’un syndicat de la CGT épinglant les violences policières.

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Plusieurs élus, dont la députée Front national Marion Maréchal-Le Pen, sont venus apporter leur soutien aux manifestants de République. Le député Les Républicains Eric Ciotti a réclamé que « le gouvernement et le ministre de l’Intérieur agissent ».

Bernard Cazeneuve a toutefois réfuté toute mollesse dans ses instructions face aux « casseurs » : « C’est un mensonge », a-t-il dit à l’opposition de droite et des « théoriciens de la chienlit ».