Attentats du 13 novembre: «A Paris, je ne suis pas du tout rassuré»

VOUS TEMOIGNEZ Six mois après les attaques terroristes au Stade de France et au Bataclan, la capitale n’est pas perçue comme un lieu sûr par certains internautes…

Charlotte Murat

— 

Un policier patrouille au Trocadéro, en face de la tour Eiffel.
Un policier patrouille au Trocadéro, en face de la tour Eiffel. — Jacques Brinon/AP/SIPA

C’était également un vendredi 13, il y a tout juste six mois. Triste anniversaire que celui des attentats et de leur terrible bilan de 130 morts et de centaines de blessés. Alors que Salah Abdeslam, seul terroriste présumé encore en vie, a été arrêté et attend son jugement, alors que l’Etat d’urgence a été une nouvelle fois prolongé, mais dans une version soft. Alors que Le Petit Cambodge et La Belle Equipe ont rouvert et que le Bataclan a déjà annoncé une série de concerts pour novembre 2016, certains ressentent encore l’angoisse des jours d’après et voient la capitale comme un lieu de menace permanente.

« Je dois bientôt aller à Paris et cela me fait très peur », avoue Sandra. Cette internaute a répondu notre appel à témoignages sur la page Facebook de 20 Minutes. Soyons honnêtes, la grande majorité de ceux qui ont laissé un commentaire explique refuser céder à la peur. « Il faut continuer à sortir, visiter, rire. Il faut vivre, peut-être même plus qu’avant ! Paris est et doit rester Paris », résume Débi. Mais il n’empêche que la menace terroriste qui  plane toujours sur la France  les inquiète et que Paris resterait, a priori, la cible idéale. « Les terroristes s’attaquent à des symboles. La province, ça les intéresse moins », croit savoir Marjorie. Cette Auvergnate installée depuis trois ans dans la capitale avec son fiancé est en train de faire ses cartons pour Lyon. Son compagnon a lutté pour obtenir sa mutation, tandis qu’elle a posé sa démission. « J’adore Paris, mais la situation est devenue trop tendue. »

>> A lire aussi : Attentats de Paris : Six mois après, le taux d’occupation dans l’hôtellerie a baissé de 11 points

Pascal, lui, n’a pas vraiment eu le choix. C’est le travail qui a fait venir ce Corse à Paris début mars. « Si j’avais eu le choix, je ne serais pas venu. Même pour un salaire moindre, je serais resté chez moi. A Paris je ne suis pas du tout rassuré. » Alors il fait attention, évite les endroits trop bondés et les transports en commun. « Je m’interdis d’aller dans les grands magasins, je n’ai passé qu’une seule soirée en boîte de nuit et je marche au maximum pour me déplacer. » A certains, cela pourra paraître un peu excessif. Pascal est en conscient, mais « la peur, c’est irrationnel ».

Mais surtout, même s’il a vécu les attentats de Paris depuis Bastia, il connaît la terreur d’une ville tout juste touchée. « J’étais à Londres le 7 juillet 2005 quand les bombes ont explosé dans le métro. J’avais 17 ans. Je m’étais retrouvé à marcher seul dans la rue toute la journée sans pouvoir joindre mes parents. » Marjorie, elle, était tout près du boulevard Voltaire quelques minutes à peine avant les fusillades. « Deux voitures sont passées à une allure folle et ont failli renverser mon fiancé. Nous sommes sûrs à 99 % que c’était les voitures des terroristes. Dès ce soir-là, j’ai dit à mon fiancé : "On s’en va". Je n’ai pas envie de m’empêcher de vivre, c’est pour cela que je pars. »