Attentats du 13 novembre: Six mois après les attaques, le point sur l'enquête

POLICE Le commando qui a frappé la France le 13 novembre a-t-il été entièrement démantelé?...

Florence Floux

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Paris, le 13 novembre 2011. Un terroriste s'est fait exploser au restaurant Le Comptoir Voltaire.
Paris, le 13 novembre 2011. Un terroriste s'est fait exploser au restaurant Le Comptoir Voltaire. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

« Nous allons mener le combat, il sera impitoyable. » François Hollande a fait la promesse solennelle le soir des attentats du 13 novembre de faire la chasse aux terroristes qui avaient frappé la France à Paris et Saint-Denis. Six mois plus tard, l’enquête qui a montré de fortes ramifications du commando en Belgique, a considérablement progressé malgré les attaques qui ont également endeuillé Bruxelles. 20 Minutes fait le point sur les avancées des investigations.

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Cela n’aura échappé à personne, le suspect numéro 1 des attentats de Paris, Salah Abdeslam, est aujourd’hui en prison en France, à Fleury (Essonne) plus exactement. Arrêté le 18 mars à Molenbeek, en Belgique, Salah Abdeslam a été transféré le 27 avril et placé à l’isolement au sein de la maison d’arrêt. Il attend actuellement d’être entendu par un juge d’instruction le 20 mai prochain. Son avocat français, Frank Berton, avait indiqué à son arrivée en France que Salah Abdeslam a assuré au juge antiterroriste qui l’a interrogé qu’il allait « s’exprimer ultérieurement ».

En lien avec le commando du Stade de France

Cet homme de 31 ans devra répondre à de nombreuses interrogations. Notamment sur son rôle de « chauffeur » du commando qui a frappé le Stade de France, à Saint-Denis. Il aurait déposé les trois hommes avant de partir pour une destination actuellement inconnue. La voiture avait été retrouvée le lendemain dans le 18e arrondissement de la capitale, où Daesh a revendiqué un attentat qui n’a pas eu lieu. Sans compter que son frère Brahim Abdeslam, faisait partie des kamikazes du 13 novembre, et que Salah Abdeslam connaissait Abdelhamid Abaaoud, « cerveau » présumé des attentats.

Mohamed Abrini, le « 11e homme de Paris » comme il a été surnommé, a également été arrêté en Belgique. Le 8 avril, ce suspect de 31 ans, ami d’enfance de Salah Abdeslam a été interpellé en compagnie d’Osama Krayem. Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir participé aux attentats de Bruxelles. C’est la raison pour laquelle Mohamed Abrini se trouve actuellement en prison en Belgique, où les enquêteurs ont de nombreuses questions à lui poser. Mais celui qui a été vu plusieurs fois en compagnie de Salah Abdeslam lors de trajets entre Paris et la capitale belge dans les jours qui ont précédé le 13 novembre devra également en répondre auprès de l’instruction française.

La Belgique au premier plan

Les avancées de l’enquête sur les attaques qu’a connues Bruxelles ont également permis d’en savoir davantage sur les équipes qui ont préparé celles de Paris. Notamment l’identité de l’artificier qui a préparé les ceintures explosives. Najim Laachraoui aurait ainsi confectionné les explosifs des équipes de Paris et de Bruxelles avant de se faire sauter à l’aéroport de Zaventem le 22 mars. Il y était accompagné de Mohamed Abrini, le fameux « homme au chapeau » des images de vidéosurveillance. Le magazine en ligne de Daesh, Dabiq, l’a par ailleurs confirmé.

Najim Laachraoui n’aurait pas uniquement joué le rôle d’artificier, dans la préparation des attentats de Paris. Des sms auraient été échangés le soir du 13 novembre entre le commando du Bataclan et ce jeune Belge de 25 ans ainsi que Mohamed Belkaïd, mort lors d’une perquisition à Forest, en Belgique, dans laquelle le fugitif Salah Abdeslam est parvenu à prendre la fuite. Notamment le sms « C’est parti, on commence », envoyé d’un mobile retrouvé dans une poubelle à l’entrée de la salle de concert parisienne.

Laachraoui et Belkaïd auraient aussi versé de l’argent à Hasna Aït Boulahcen pour qu’elle trouve un logement à son cousin Abdelhamid Abaaoud après le 13 novembre. C’est avec ces 750 euros que la jeune femme a loué l’appartement de la rue Corbillon, à Saint-Denis, où elle, son cousin et un complicetrouveront la mort lors de l’assaut du Raid le 18 novembre.

Le logeur et les chauffeurs

Ce qui nous amène à Jawad Bendaoud, le logeur de Saint-Denis, largement moqué sur la Toile pour ses propos le 18 novembre face à la caméra de BFM TV. « J’étais pas au courant que c’étaient des terroristes, moi. (…) On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, Monsieur. » Après ces quelques mots, Jawad Bendaoud est menotté et emmené par les policiers. Il est ensuite mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et détention en bande organisée d’explosifs et d’armes en relation avec une entreprise terroriste. Il clame depuis son innocence depuis la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) où il a été placé à l’isolement.

D’autres complices présumés de Salah Abdeslam, qui l’auraient notamment aidé dans sa cavale, ont également été arrêtés et mis en examen en Belgique. C’est le cas de Hamza Attou et Mohamed Amri, qui sont venus chercher Salah Abdeslam à Paris le soir du 13 novembre pour le ramener en Belgique, où il a ensuite disparu avant d’être logé et interpellé le 18 mars à Molenbeek.

La « cellule Abaaoud » a-t-elle pour autant été démantelée ? Le « cerveau » présumé du 13 novembre se serait vanté d’être arrivé en France avec 90 individus prêts à passer à l’action, un peu partout en Ile-de-France.