Les actes homophobes en recul mais persiste une «homophobie ordinaire»

DISCRIMINATIONS L’association SOS homophobie constate une chute de 40 % des actes homophobes entre 2014 et 2015…

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation contre l'homophobie, à Nice, en avril 2013.
Une manifestation contre l'homophobie, à Nice, en avril 2013. — BEBERT BRUNO/SIPA

Après une forte hausse liée aux débats houleux sur le mariage pour tous, les actes homophobes ont chuté en 2015 pour revenir à leur niveau de 2009 qui, loin d’être anecdotique, marque la persistance d’une « homophobie ordinaire », pointe un rapport. L’an dernier, « SOS homophobie a recueilli 1.318 témoignages d’actes (homophobes) », contre 2.197 en 2014, soit une « baisse de 40 % », observe l’association dans son étude annuelle publiée mercredi.

« Après les hausses spectaculaires constatées en 2012 (+27 %) et 2013 (+78 %, soit 3.517 témoignages), le niveau tend aujourd’hui à se rapprocher de celui des années ayant précédé les débats sur le mariage pour tou-te-s », estime SOS homophobie. Mais un tel niveau, « au-delà des pics de témoignages reçus entre 2012 et 2014 », atteste aussi « d’une homophobie et d’une transphobie durablement installées », dénonce l’association.

Les agressions physiques en légère baisse

Rejet, harcèlement, discrimination, agressions, menaces, chantage, diffamation, insultes, outing forcé… les témoignages, recueillis par courrier, courriel et téléphone par SOS homophobie, montrent un champ très large des actes homophobes. Les agressions physiques, bien loin de la tendance générale, ne diminuent que de 6 % d’une année sur l’autre, passant de 162 à 152, selon ce rapport.

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Les victimes sont surtout des hommes (63 %) jeunes (65 % ont moins de 35 ans, quand leur âge est connu). L’homophobie intervient six fois sur dix dans des « contextes relatifs à la vie quotidienne », note l’étude : famille, lieux publics, travail, voisinage, commerces et services ou milieu scolaire. Cette « homophobie ordinaire », « ancrée dans le quotidien », semble « acceptée par la société » et conduit certains à « se sentir libres de tenir des propos douteux », regrette Virginie Combe, la vice-présidente de l’association.

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