Accident de Brétigny: Les victimes sont apparues «mitigées» face aux juges

RENCONTRE Les victimes sont apparues « mitigées » après cet entretien de près de trois heures…

Clémence Apetogbor

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Les victimes de la catastrophe de Brétigny étaient reçues le 9 mai 2016 par les juges d'instruction à Paris
Les victimes de la catastrophe de Brétigny étaient reçues le 9 mai 2016 par les juges d'instruction à Paris — THOMAS SAMSON / AFP

Le soulagement et l’amertume dominaient lundi chez les victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), reçues à Paris pour la première fois par les juges d’instruction.

Ces derniers ne les avaient jamais vues ni entendues depuis le 12 juillet 2013 et le déraillement du train Intercités n°3657 reliant Paris à Limoges, qui a fait sept morts et des dizaines de blessés.

Pendant trois heures, et après trois années d’enquête en silence, les victimes, réunies au tribunal de grande instance de Paris, ont écouté les trois juges d’instruction d’Évry leur exposer l’avancée de leurs investigations et leur poser des questions.

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Un épineux dossier et des réponses mitigées

Sur les 167 personnes constituées parties civiles dans ce dossier, 70 ont répondu à la convocation des juges, ainsi que 42 avocats, dans un dossier très technique de plus de 18 tomes.

« C’était une journée très importante, les victimes étaient en attente de ce premier contact avec les juges », a expliqué Thierry Gomes, président de l’association «  Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny » (EDVCB).

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Thierry Gomes, qui a perdu ses parents lors de l’accident, a cependant qualifié d'« un peu mitigées » les réponses apportées par les juges, lui qui espérait obtenir une date de fin d’instruction.

« C’est important qu’un procès ait lieu car aujourd’hui encore des gens souffrent et vont souffrir pour longtemps », avait-il souligné avant la rencontre.

Un « coup d’épée dans l’eau »

« L’intention des juges était très louable mais c’est un coup d’épée dans l’eau », a estimé Me Alexandre Varaut, conseil de plusieurs victimes. « Ce qui a été dit, les avocats le savaient déjà et les victimes n’ont pas entendu ce qu’elles voulaient, c’est-à-dire des délais et des responsables », a-t-il ajouté.

Car l’autre déception est la confirmation que, pour l’heure, les juges n’ont pas prévu de pointer les responsabilités de personnes physiques.

Un « soulagement » teinté « d’amertume »

Depuis l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet d’Évry, seules deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), toutes deux mises en cause pour homicides et blessures involontaires.

Trois cheminots de la SNCF, chargés de la surveillance des voies au moment du déraillement, ont été placés sous le statut de témoin assisté.

Le « soulagement » d’avoir vu les juges est teinté « d’amertume », selon Me Gérard Chemla, avocat d’EDVCB. « On a l’impression qu’il y en a beaucoup qui vont passer à côté et qu’on ne va peut-être pas aller jusqu’au bout des choses », a-t-il regretté.

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Lors de leur exposé, les juges ont également concédé leurs « difficultés » à mener à bien leurs investigations et « dénoncé très clairement le double langage de la SNCF », qui promettait la transparence, selon Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (FENVAC), partie civile.