Le procès de la cellule de Verviers, un «pré-procès» des attentats du 13 novembre?

JUSTICE Seize djihadistes présumés sont jugés à partir de ce lundi à Bruxelles...

Florence Floux

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Opération policière anti-terroriste le 15 janvier 2015 à Verviers en Belgique
Opération policière anti-terroriste le 15 janvier 2015 à Verviers en Belgique — Bruno Fahy BELGA

Leurs noms ne disent rien aux Français. Les seize prévenus qui sont jugés à partir de ce lundi à Bruxelles pour avoir préparé des attentats début 2015, ne sont pas connus en France. Pourtant, le chef de ce qu’on a appelé la « cellule de Verviers » était Abdelhamid Abaaoud, « cerveau » présumédes attentats du 13 novembre.

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Le 15 janvier 2015, au lendemain des attaques à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher de Vincennes, la police belge perquisitionne une planque de la banlieue de Liège, à Verviers, dont les trois occupants avaient été placés sur écoutes à leur retour de Syrie, une semaine plus tôt. Aidées du GIGN, les forces de l’ordre belges se font copieusement « arroser » dès leur arrivée. Deux des terroristes présumés sont tués sur le coup : Khalid Ben Larbi et Soufiane Amghar. Le dernier, Marouan El Bali, est interpellé.

Un arsenal qui rappelle celui de Paris

Lors de la perquisition menée à Verviers, un arsenal à peu près identique à celui ayant servi le 13 novembre puis le 22 mars à Bruxelles a été retrouvé : trois kalachnikovs, des chargeurs, des armes de poing, un produit permettant à fabriquerdu TATP, l’explosif qui a servi à confectionner les ceintures des kamikazes des attentats de Paris et Saint-Denis. Les trois hommes étaient suspectés par la Belgique de préparer des attentats outre-Quiévrain. Le jour même, une douzaine de perquisitions ont lieu ailleurs sur le territoire et treize personnes sont arrêtées. Au fur et à mesure de l’enquête, certains suspects sont relâchés. Ce lundi, seuls sept prévenus sur les seize jugés sont présents au tribunal correctionnel de Bruxelles, neuf se trouvant actuellement en fuite.

Outre l’arsenal et le nom d’Abaaoud, le réseau de djihadistes présumés présente également une autre similitude avec celui de Paris et Bruxelles, notamment la présence de plusieurs nationalités, dont des Belges et des Français. Quatre Français font d’ailleurs partie des prévenus. La capitale grecque, Athènes, où s’est caché pour un temps Abdelhamid Abaaoud, apparaît aussi comme une base arrière de la cellule, comme elle l’a été pour les attaques de Paris.

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Cette cellule emmenée par Abdelhamid Abaaoud a-t-elle servi d’entraînement pour les attentats qui ont suivi en France et Belgique ? Quels en auraient été les objectifs ? Marouan El Bali, le seul des trois individus présents lors de la perquisition de départ à Verviers à être encore en vie, occupera une place centrale dans les débats qui devraient durer trois semaines.