Dunkerque: Des passeurs condamnés à des peines allant jusqu'à six ans de prison

JUSTICE Les passeurs ont opéré entre août 2015 et février 2016…

20 Minutes avec AFP

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C'est autour du camp de migrants de Grande-Synthe qu'agissaient les passeurs.
C'est autour du camp de migrants de Grande-Synthe qu'agissaient les passeurs. — Sarah ALCALAY/SIPA

De la prison ferme pour des passeurs. Six hommes, trois Kurdes et trois Français, étaient jugés par le tribunal de Dunkerque pour avoir fait passer illégalement des migrants vers l’Angleterre depuis le nord de la France. Tous étaient poursuivis pour « aide à l’entrée et au séjour illégal en bande organisée » pour des faits s’étalant d’août 2015 et février 2016.

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Le « cerveau » du réseau, un Iranien surnommé « Kapa », en fuite et toujours recherché par les services de police, a écopé de la peine la plus lourde : six ans de prison ferme assortie d’une amende de 50.000 euros. Un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre. Deux autres passeurs kurdes, un Iranien et un Irakien, qui étaient chargés de trouver des migrants pour le premier et de les acheminer vers une aire de repos de camions pour le second, ont tous deux été condamnés à deux ans de prison avec des peines d’amende de 10.000 et 8.000 euros.

Des passages à 10.000 euros

Ces individus, qui opéraient autour du camp de migrants de Grande-Synthe (Nord), proposaient des passages variant de 3.500 livres (4.400 euros) -sans la complicité des chauffeurs- à 8.000 livres (10.100 euros) pour des transports « garantis », avec la complicité des chauffeurs.

Deux autres individus, des Français gérants un café dans le centre de cette ville du Nord et qui étaient sous contrôle judiciaire n’étaient pas présents au tribunal ni représentés. Ils ont été condamnés à deux ans ferme et 20.000 euros d’amende pour le premier et 5.000 pour le second. Tous les deux ont également interdiction d’exploiter durant cinq ans tout débit de boissons.

Enfin, une dernière personne, un chauffeur de taxi du Dunquerkois, a été relaxée. L’homme était accusé d’avoir effectué des courses avec des migrants pour les déposer à un hôtel ou à l’ancien camp du Basroch de Grande-Synthe. Le tribunal a estimé qu’il n’avait pas commis d’infraction, ne surfacturant pas ses courses et n’ayant amené personne aux points de départ des camions.

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