Troisième jour de grève de la faim pour le président de Vaincre l'autisme

DETRESSE Le président de l'association espère ainsi se faire entendre des pouvoirs publics...

A.B. avec AFP

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Des militants de l'association "Vaincre l'Autisme" manifestent devant la mairie de Paris, le 21 avril 2016
Des militants de l'association "Vaincre l'Autisme" manifestent devant la mairie de Paris, le 21 avril 2016 — Elliott VERDIER AFP

Le président de l’association Vaincre l’Autisme, M’Hammed Sajidi, poursuivait vendredi une grève de la faim destinée à défendre le développement en France de méthodes innovantes de prise en charge de l’autisme, telles que la structure Futuroschool, « menacée de fermeture ». M’Hammed Sajidi a entamé sa grève de la faim mercredi, pour « se faire entendre des pouvoirs publics ».

Une « structure pilote » menacée

Futuroschool, ouverte à Paris par cette association de parents et qui bénéficie depuis 2009 de financements publics, est selon lui « menacée de fermeture » car l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France exige, avant de renouveler ses autorisations qui expirent le 19 août, une nouvelle évaluation.

Or, une évaluation externe effectuée en février-mars par un organisme « agréé » choisi par Vaincre l’autisme l’a qualifiée d'« établissement d’excellence », a expliqué M’Hammed Sajidi. L’association refuse donc d’accueillir une nouvelle équipe envoyée par l’ARS.

Cette « structure pilote », qui accueille 12 enfants, adolescents et jeunes de 3 à 25 ans, applique « au cas par cas » et en lien étroit avec les parents des méthodes éducatives et comportementales telles que l’ABA (analyse appliquée du comportement), recommandée par la Haute Autorité de Santé.

Une mesure de représailles ?

Une deuxième Futuroschool avait ouvert à Toulouse, mais elle a dû fermer en juillet 2015 car au bout de cinq ans, ses autorisations n’avaient pas été renouvelées. M’Hammed Sajidi accuse les pouvoirs publics d’entraver le développement des Futuroschool en guise de « représailles », car l’association a fait condamner la France par le Conseil de l’Europe, puis par le Tribunal administratif de Paris en juillet 2015 pour « carences » de prise en charge de l’autisme. « Nous avons pourtant 324 demandes, de la part de parents dans toute la France », indique-t-il.

Cette association a quitté le Comité national autisme il y a deux ans en raison de ses désaccords avec le 3e plan autisme (2013-2017), qui selon elle accorde encore trop de place à la « psychiatrisation » et la « médicalisation ». Elle a été créée il y a 15 ans par M’Hammed Sajidi, dont le fils Samy, qui a aujourd’hui 25 ans, avait subi des « maltraitances » dans un hôpital psychiatrique de jour. « Pour votre fils, il ne reste que la camisole », lui avait dit un psychiatre. Aujourd’hui, il est scolarisé à Futuroschool et « nous sommes en train de préparer son insertion professionnelle », indique M’Hammed Sajidi.

« Des problèmes importants de gestion et de gouvernance »

Le secrétariat d’Etat en charge du handicap a de son côté affirmé que la situation actuelle de Futuroschool est « liée à des problèmes importants de gestion et de gouvernance ». « Cette situation financière et administrative a fait l’objet d’un rapport de l’IGAS en 2013 » et a donné lieu à des inspections diligentées par les deux ARS concernées, a-t-il ajouté.

Il n’y a « pas de remise en cause des structures expérimentales qui, si elles respectent la réglementation en vigueur, font partie de l’offre médico-sociale dans chaque région », a-t-on affirmé de même source. Mais « lorsqu’une association gestionnaire ne respecte pas les règles et les demandes faites par l’ARS, il est normal que (celle-ci) mette en œuvre les procédures prévues ».