Violences à Air France: Le dérapage avait-il été anticipé par la direction ?

SYNDICATS La direction avait fait installer six caméras de surveillance supplémentaires avant le début de la réunion…

H. B.

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Roissy, le 5 octobre 2015, Xavier Broseta, chargé des Ressources humaines à Air France est exfiltré après avoir été pris à partie par des manifestants.
Roissy, le 5 octobre 2015, Xavier Broseta, chargé des Ressources humaines à Air France est exfiltré après avoir été pris à partie par des manifestants. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Les images de Xavier Broseta escaladant la clôture d’ Air France à moitié nu avaient fait le tour du monde. Plus de six mois après les incidents, des documents révèlent que la direction d’Air France avait anticipé ces dérapages. D’après un document de l’inspection du travail que Les Jours a pu se procurer, Air France aurait même contribué à instaurer un climat de défiance propice à la confrontation.

La veille du CCE (comité d’entreprise extraordinaire), la direction a fait installer six nouvelles caméras dans les locaux. Quatre devant la porte d’entrée de la salle où s’est tenu le CCE et deux braquées sur le portail par lequel les manifestants sont entrés.

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Le site Les Jours précise que les représentants des salariés n’ont jamais été informés de ce nouveau dispositif. En atteste un compte rendu d’une séance du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) qui s’est tenu un mois après les incidents. L’installation de ces nouvelles caméras a même « fait l’objet d’un débat houleux » au point de pousser certains salariés à se poser des questions.

Au final, cinq salariés impliqués dans les violences avaient fini par être licenciés.