Chômage, école, accès aux soins, qualité de vie... Les quartiers prioritaires toujours discriminés

POLITIQUE DE LA VILLE Malgré une décénnie de volontarisme politique, ces quartiers, où vivent près de 5,5 millions de personnes sont toujours beaucoup moins bien lotis que les autres quartiers, s'alarme un nouveau rapport...

20 Minutes avec AFP
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Marseille le 17 mai 2011 - La cité de la Busserine dans les quartiers nords de Marseille
Marseille le 17 mai 2011 - La cité de la Busserine dans les quartiers nords de Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Un nouveau rapport sur les quartiers prioritaires met en lumière l’échec relatif en la matière. Malgré une décennie de volontarisme politique, les disparités avec le reste du territoire sont loin d’être comblées, selon le rapport 2015 de l 'Observatoire national de la politique de la ville (ONPV, indépendant) publié mardi.

Au total, il y 436 quartiers prioritaires, où habitent 5,3 millions de personnes, qui cumulent des retards inouïs en terme d’emploi, de santé ou d’éducation, résume le rapport. L’emploi reste en souffrance dans ces zones paupérisées : seules 30,5 % de ses habitantes sont considérées comme actives à temps complet, contre 56,2 % dans les autres quartiers. Au global, le taux de chômage est ainsi de 26,7 % dans ces quartiers, contre 10 % ailleurs.

Réussite scolaire en berne, discrimination au travail

Deux tiers des habitants, soit 3,3 millions de personnes, y perçoivent des allocations familiales, contre moins d’un habitant sur deux dans le reste du territoire. Sur 1,4 million de foyers, 36 % bénéficient du RSA (Revenu de solidarité active), contre 19 % en dehors de ces quartiers.

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Les taux de réussite scolaire sont également bien inférieurs chez les élèves issus de ces quartiers. Les écoles publiques les accueillant atteignent 75,6 % d’obtention du brevet des collèges, contre 86,1 % au niveau national. La différence est plus significative encore pour la réussite au bac S : 78,6 % contre 93,4.

La discrimination à l’emploi se poursuit par la suite, et ce, quel que soit le niveau d’étude. « Un homme diplômé de niveau Bac + 5 de plus de 30 ans a 22 % de chances de moins d’occuper un emploi de cadre lorsqu’il est issu des quartiers prioritaires », relève l’étude.

Insécurité et accès aux soins réduits

Les disparités sont énormes en terme d’accès à la santé, avec des médecins spécialistes libéraux « 3,4 fois moins présents que sur l’ensemble de leurs agglomérations ». Généralistes et infirmiers font également défaut (-35 et -29 %).

Sans surprise, la qualité de vie est perçue défavorablement. Un quart des habitants des anciennes Zus (Zones urbaines sensibles) déclare s’y sentir parfois ou souvent en insécurité, contre un habitant sur sept dans les autres quartiers des agglomérations environnantes.

Un Programme national de rénovation urbaine (PNRU) a permis entre 2004 et 2013 la rénovation et la construction de centaines de milliers de logements. Il devait totaliser 47 milliards d’euros d’investissements durant la période 2004-2013, dont 12 milliards de subventions de l’Etat, qui n’a versé que les deux tiers de ses engagements. Un deuxième programme de rénovation a été lancé fin 2014 pour dix ans, doté de 5 milliards d’euros.