Les «perles» d'un cabinet de sexologie

SEXE Un sexologue parisien a compilé quelques remarques inoubliables de ses patients…

Audrey Chauvet

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Illustration d'un couple au lit.
Illustration d'un couple au lit. — PULSE/SIPA

Ils sont jeunes, vieux, mariés, libertins, homosexuels, trans, malades, bref ils sont tout le monde. Les patients du docteur Patrick Papazian sont vous et moi, monsieur et madame tout-le-monde, et viennent dans cet endroit « de liberté » pour se confier ou se soigner. « Ne dites pas à mes parents que je suis médecin sexologue, ils croient que je suis ophtalmologiste à Nevers », plaisante le médecin qui a exercé à l’hôpital et en centre de dépistage et de traitement des infections sexuellement transmissibles.

« J’aime considérer mon cabinet comme un petit San Francisco des années soixante ou soixante-dix », écrit Patrick Papazian, qui a vu défiler toutes sortes de cas, des plus dramatiques - comme cette jeune fille violée à qui l’on a fait subir par erreur un prélèvement vaginal traumatisant-, aux plus drôles - comme ce nonagénaire frétillant, heureux de fréquenter régulièrement sa prostituée préférée. Dans son ouvrage Parlez-moi d’amour (éd. de l’Opportun) qui sort ce vendredi, le sexologue porte un regard passionnant sur la sexualité de ses contemporains et nous offre quelques perles inoubliables entendues dans son cabinet.

Pas sûrs

« -Docteur, je viens vous voir pour un sujet très délicat. Je crois que j’ai trouvé le clitoris de ma femme. Elle-même n’en est pas bien sûre. Bref, on est un peu dans le flou. J’ai pris une photo avec mon iPhone, vous voulez bien regarder ? »

Confus

- « Donc on retrouve sur le prélèvement de contrôle des Chlamydiae. Le traitement prescrit il y a six semaines n’a pas été efficace.

- Quel traitement ?

- Les antibiotiques, vous vous souvenez ? A prendre tous les jours pendant dix jours.

- Ah ça… non, je ne l’ai pas pris Docteur.

- Ah… Donc pas étonnant que le traitement n’ait pas été efficace puisqu’il n’a pas été pris.

- Pourquoi ? »

 

« Je suis adressée par ma gynécologue, qui m’a dit que je n’avais rien, que c’était dans la tête. Si c’est dans la tête, pourquoi je vois un sexologue et pas un têtologue ? ! »

Honnête

« Docteur, je ne vais pas vous mentir. Nous avons parfois des rapports sexuels avec mon mari. Il arrive parfois à avoir une érection. J’arrive parfois à avoir du plaisir. Enfin… Bref, parfois par parfois par parfois, faut pas être Einstein pour comprendre que c’est pour ainsi dire jamais. »

« Une patiente délurée fréquentant les boîtes échangistes :

- J’ai peur de tomber malade à force de fréquenter ces endroits.

- Pourquoi, les infections sexuellement transmissibles ?

- Mais non, le champagne ! Il est gratuit, à volonté et absolument dégueulasse ! »

Un coup de soleil, un coup d’amour…

Une jeune femme de retour d’Australie souhaite se faire dépister. « Le sujet des Chlamydiae arrive sur le tapis. Elle insiste pour se faire dépister. Et ajoute cette précision déconcertante : "A cause des koalas." (…) Je lui explique que les Chlamydiae transmises par la proximité des koalas ne sont pas des infections sexuellement transmissibles pour l’homme. Sauf si… Elle quitte mon bureau en me disant "En effet, vous ne jugez jamais ! Vous avez vraiment cru que je m’étais tapé un koala ?" »

« Une patiente de retour de vacances. En guise de souvenir : trois bactéries différentes à traiter sur le prélèvement de gorge. (…) J’explique à cette patiente qu’il faut prévenir et amener ses partenaires. Elle, affolée : "TOUS ? Bah là faut prévoir un charter Djerba-Paris…" »

« -En Australie il y a plein de belles femmes mais peu de structures pour soigner les infections sexuellement transmissibles. En France, c’est l’inverse, elles sont moches mais c’est facile de se faire traiter ! »