Carrez (Les Républicains) dénonce les 6 milliards d'euros de «cadeaux» du gouvernement

ECONOMIE Le président de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale table sur un emprunt de 70 milliards d'euros en 2016...

Clémence Apetogbor
— 
Gilles Carrez, député-maire UMP de Perreux-sur-Marne (Val de Marne) et président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, le 16 juin 2014.
Gilles Carrez, député-maire UMP de Perreux-sur-Marne (Val de Marne) et président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, le 16 juin 2014. — VILLARD/SIPA/SIPA

Le gouvernement, par la voix du secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert, a confirmé la semaine dernière que les dépenses nouvelles annoncées depuis le début de l’année, jusqu’ici évaluées à au moins 3 milliards d’euros, atteindraient quatre milliards d’euros en 2016.

Gilles Carrez (Les Républicains), président de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, a dénoncé lundi sur RTL les « cadeaux » faits par le gouvernement, évaluant, lui, à « plus de 6 milliards d’euros les dépenses nouvelles, non financées », annoncées depuis le début de l’année.

« Cadeau toutes les semaines »

Interrogé sur l’augmentation de la rémunération des enseignants que doit annoncer le Premier ministre, Gilles Carrez a affirmé que « sur le fond » cela lui « paraît justifié », mais a souligné que « bien entendu il faudrait faire une économie par ailleurs ».

« Ce qui m’inquiète beaucoup c’est que depuis le début de l’année, comme c’est cadeau toutes les semaines, ça fait plus de 6 milliards d’euros de dépenses nouvelles non financées qui ont été annoncées », a-t-il déclaré.

« On est, pour être tout à fait précis, sur 5,5 milliards, d’après mes propres comptes, qui diffèrent de ceux de Christian Eckert, mais je suis persuadé que c’est moi qui ai raison », a-t-il précisé. Le gouvernement, par la voix du secrétaire d’Etat au Budget, a indiqué la semaine dernière que les dépenses nouvelles annoncées depuis le début de l’année atteindraient quatre milliards d’euros en 2016.

Parmi celles-ci figurent notamment la prime à l’embauche estimée à un milliard d’euros, la formation de 500.000 chômeurs supplémentaires pour 600 millions d’euros, le plan de soutien exceptionnel à l’élevage et la baisse de cotisations sociales pour les agriculteurs d’un montant total de 900 millions d’euros, le fonds pour la transition énergétique au coût de 300 millions d’euros, et la hausse du salaire des fonctionnaires pour 600 millions d’euros.

Des comptes dégradés en 2017 ?

« Si vous y ajoutez en plus une diminution d’impôts pour 2017, vous voyez que tout ça est en réalité financé par la dette », a poursuivi Gilles Carrez, alors que le quotidien Les Echos a affirmé lundi que François Hollande envisageait de nouvelles baisses d’impôts pour 2017.

>> A lire aussi : François Hollande envisage une baisse des impôts en 2017

« Avec une croissance à 1,5 % (…) on n’équilibre pas les comptes. Il va falloir encore emprunter plus de 70 milliards d’euros en 2016. Donc notre dette, elle a largement dépassé maintenant les 2.000 milliards, elle s’approche des 100 % du PIB », a dénoncé le député.

« Avec toutes ces dépenses supplémentaires, plus des baisses d’impôts, on risque d’avoir des comptes en 2017 très dégradés », a-t-il mis en garde. « Il va falloir qu’on soit très attentifs aux conditions de vote de budget pour 2017 et je crains qu’on soit obligés, s’il y a alternance, de se livrer immédiatement à un audit de nos comptes ».