Un brigadier recense les perles du «17 police-secours»

LIVRE Souvent des appels de « déséquilibrés » mais qui « reflètent bien la société », selon l'auteur...

20 Minutes avec AFP

— 

France Illustration Police Nationale/ALCALAYSARAH/Credit:Sarah ALCALAY/SIPA
France Illustration Police Nationale/ALCALAYSARAH/Credit:Sarah ALCALAY/SIPA — SIPA

Après les profs, les médecins, c’est au tour des policiers de se gargariser avec un recueil de perles. « J’ai frappé ma femme, je voudrais savoir si je peux déposer plainte contre moi-même, elle ne veut pas le faire » : au « 17 police-secours », il y a souvent des appels farfelus, qu’un policier recense inlassablement pour faire rire et oeuvre de prévention.

Dans Allo la police, qui sort mercredi aux Editions du Cherche-Midi, le brigadier Matthieu Kondryszyn, 31 ans, livre les meilleures perles reçues au « 17 », où sont centralisés les appels des « requérants », comme il dit. « Mon premier appel, c’était un type qui avait utilisé un Kärcher pour laver sa voiture », explique celui qui exerce depuis 2012 à l’état-major de Paris après des années passées sur le terrain « Comme l’engin ne fonctionnait pas, il demandait que le gérant le rembourse. J’ai trouvé cela à la fois drôle et extravagant : nous sommes un service d’urgence quand même… »

« Il ne faut pas abuser du 17 »

Depuis il note tout - plus de 2.000 à lui tout seul - et reçoit également les perles de ses collègues. Il a rassemblé ce qu’il estime être le plus significatif et insolite, excluant les « insultes bêtes et méchantes ». Selon Matthieu Kondryszyn, la plupart des appels « pour tout et n’importe quoi » sont l’oeuvre de déséquilibrés mais « reflètent bien la société ». « Nous sommes disponibles, dit-il, souvent la roue de secours, les gens savent quel numéro faire sans s’embarrasser de précautions et veulent que tout soit réglé dans la minute ».

Extraits :

- « Notre petit garçon a disparu et on vient de le retrouver. Rien qu’en vous appelant ! »

- « Ma femme est partie, faut me la retrouver, j’ai besoin d’elle pour traire les vaches ».

- « Madame, il faut que vous alliez déposer plainte contre X » dit un policier du « 17 » à une « requérante » qui rétorque : « c’est qui X ? »

- « On a piraté mon ordinateur pour me voler les données personnelles (… ) il ne s’allume plus depuis hier ».

- « Je vous appelle car on m’a coupé le téléphone », dit celui-ci, auquel un policier répond : « apparemment non… »

- « J’ai été enlevée sur 400 mètres par un faux chauffeur de taxi », vitupère une femme.

- « Type banlieue, nord africain », répond cet homme à un policier lui ayant demandé de décrire des « individus suspects ».

- « Bonjour je suis embêté, ma femme a acheté de la mort-aux-rats et m’a dit qu’elle allait se faire un thé ».

- « Ma carte ne rentre pas dans le distributeur (de billets), ce doit être un dispositif frauduleux… » Silence puis : « ah ! J’ai inséré ma carte vitale ».

- « Pouvez-vous me dire quand il y aura le changement d’heure ? »

- « Je ne trouve plus mon téléphone (portable), vous pouvez me le faire sonner ? »

Ce dialogue enfin, préféré de l’auteur :

"- Je vous appelle pour un accident

- Il y a des blessés ?

- Un blessé matériel, ma voiture".

 

Même si ce recueil a vocation à faire rire, Matthieu Kondryszyn entend également alerter : le « 17, ce sont les urgences, pour des personnes en détresse, il ne faut pas abuser, il faut le marteler. Encore et encore ». Un message que sa hiérarchie pourrait relayer à l’envi : les directions de la police et de la gendarmerie lancent, à intervalles réguliers, des campagnes de prévention.