Loi travail: Le 1er Mai s'annonce tendu

SOCIAL Bernard Cazeneuve a détaillé aux préfets les mesures à prendre afin d'éviter les débordements...

M.C. avec AFP
Défilé syndical à Paris, le 1er mai 2015.
Défilé syndical à Paris, le 1er mai 2015. — ALAIN JOCARD / AFP

Contexte tendu ce 1er Mai. Le défilé syndicat prend cette année une tournure spécifique après deux mois de contestation et de manifestations contre la loi travail émaillées de violence et l’avènement de « Nuit debout », lancé au soir du 31 mars.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a adressé samedi aux préfets un télégramme détaillant les mesures à prendre afin d’éviter les débordements ce 1er mai, alors que syndicats et gouvernement se renvoient la balle des responsabilités des violences.

« Escalade de la violence » policière

William Martinet, président de l’Unef, a reconnu que les organisateurs des manifestations devaient « faire plus » pour sécuriser les cortèges. Le Parti de Gauche a de son côté demandé samedi « des comptes » à Bernard Cazeneuve face à une « escalade de la violence » policière lors des manifestations, appelant à l’abandon des lanceurs de balles de défense.

Les manifestations de jeudi contre le projet de loi El Komri, à Paris et en province, ont donné lieu à 214 interpellations, et 78 policiers ont été blessés. Un jeune homme blessé à Rennes jeudi a perdu la vision d’un œil.

FO et CGT côte à côte

Le projet de loi travail, qui sera examiné dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale à partir de mardi et voté le 17 mai, aura le mérite de rassembler un 1er mai FO et CGT, une première depuis 2009. Les secrétaires généraux Philippe Martinez (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO) vont cheminer côte à côte à Paris à partir de 15h de Bastille à Nation pour réclamer « le progrès social et le retrait de la loi travail ». Des manifestations et rassemblements sont prévus partout en France.

Jeudi, Philippe Martinez y est intervenu pour la première fois, pour évoquer la « convergence des luttes », à un moment où 63 % des Français estiment que ni Nuit debout, ni les syndicats, ni les partis ne sont « en phase avec les salariés », selon un sondage Odoxa publié vendredi. En revanche sept Français sur dix considèrent que « la lutte des classes est une réalité en France ».