VIDEO. #NuitDebout: L'«Orchestre debout» de retour pour célébrer le premier mois du mouvement

SOCIETE Les 300 musiciens et 150 choristes réunis via les réseaux sociaux avaient étoffé leur répertoire...

20 Minutes avec AFP
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Les musiciens de l'Orchestre Debout sur la place de la République à Paris, le 30 avril 2016.
Les musiciens de l'Orchestre Debout sur la place de la République à Paris, le 30 avril 2016. — MIGUEL MEDINA / AFP

Dix jours après le premier événement musical de la Nuit Debout, la Symphonie du nouveau monde de Dvorak a de nouveau résonné place de la République, samedi soir, pour célébrer le premier mois d'existence du mouvement.

Partitions éclairées à la lampe frontale ou au portable, doigts des violonistes engourdis par le froid et les acclamations d'un public enthousiaste de quelques milliers de personnes, les 300 musiciens et 150 choristes réunis via les réseaux sociaux ont cette fois étoffé leur répertoire et reçu le renfort de choristes pour jouer l'Hymne à la joie de la Symphonie n°9 de Ludwig van Beethoven, puis le Choeur des esclaves du Nabucco de Giuseppe Verdi. Une demi-heure de concert, saluée spontanément par un Bella ciao improvisé.


«Ca m'a émue. La Symphonie du nouveau monde, c'est impressionnant», confie Mathilde, tromboniste amateur de 24 ans, qui avait vu la première soirée du 20 avril en vidéo. «Juste avec les images, on sentait la communion avec le public, l'émotion dans l'air», confie un violoniste trentenaire qui veut rester anonyme.

«Plutôt efficace, contrairement à ce qu'on entend sur ce mouvement»

Tous se sont inscrits sur la page Facebook créée pour l'occasion, ont téléchargé la partition sur un site de téléchargement libre de droits et les voilà au pied de la statue. Une répétition par groupes (cordes, bois, cuivres, choeur) d'une heure et demie a assuré les réglages. «C'est majoritairement des amateurs, donc il n'y a pas vraiment d'exigence artistique. On fait en sorte que ça tienne debout», explique Guillaume Durand, choriste professionnel de 29 ans.

«La répétition s'est faite de manière plutôt efficace, contrairement à ce qu'on entend sur ce mouvement qui ne sait pas s'organiser», sourit le jeune homme, qui se dit «écologiste» et que les thématiques lancées par le mouvement Nuit debout «touchent».

La Symphonie du nouveau monde «prend une résonance particulière»

Les morceaux ont été choisis par un sondage sur la page Facebook. «L'idée était que, dans le corpus de ce qui était faisable, on trouve des oeuvres symboliques», explique Sylvain Haderlé, pianiste de 24 ans venu chanter avec son ami Guillaume. La Symphonie du nouveau monde, qui évoque initialement l'Amérique, «prend une résonance particulière» sur le lieu de rassemblement d'un mouvement qui cherche des alternatives au système existant, souligne le violoniste.


Créé en 1842 à la Scala de Milan, la capitale lombarde alors sous domination autrichienne, l'opéra Nabucco et son «Choeur des esclaves» (également connu sous le nom de «Va pensiero») célèbrent la sortie du peuple hébreu de sa captivité babylonienne et sont aussitôt devenus des chants de ralliement patriotique du Risorgimento, le mouvement pour l'unité italienne.