Un maire de Seine-Maritime victime de chantage à la sextape

CHANTAGE La relation virtuelle qu’il entretient avec sa correspondante, qui se fait appeler Anne-Laure, dure trois mois...

Clémence Apetogbor

— 

Illustration d'un homme devant un ordinateur.
Illustration d'un homme devant un ordinateur. — SUPERSTOCK/SIPA

La femme qu’il imaginait se trouver derrière l’écran était en réalité un maître-chanteur. En Seine-Maritime, le maire d’une commune a été la victime d’un chantage à la sextape, révèle Paris Normandie.

Pas moins de 30.000 euros, payables en deux fois, sont réclamés à l’élu par des rançonneurs depuis la Côte d’Ivoire, qui menacent de diffuser les images du maire en train de se masturber.

« Je suis aujourd’hui célibataire, j’ai envie de refaire ma vie. Alors, quand cette femme est entrée en contact avec moi il y a quelque temps sur Skype, j’ai accepté », raconte l’édile au quotidien normand, qui ne précise ni le nom de l’élu, ni la commune.

Menaces

La relation virtuelle qu’il entretient avec sa correspondante, qui se fait appeler Anne-Laure, dure trois mois. « Et puis parfois, c’est vrai, j’assume totalement ce que j’ai fait, nous nous sommes laissés aller à des jeux par caméras interposées », confie-t-il.

Soudainement, Anne-Laure lui réclame de l’argent pour venir le rencontrer chez lui, en Normandie. Ce que l’édile refuse. « J’ai alors reçu des coups de téléphone de Côte d’Ivoire, des mails, des messages avec des photos truquées et des menaces m’ordonnant de verser une importante somme d’argent si je ne voulais pas voir les vidéos de nos jeux être diffusées sur internet », poursuit-il.

Le maire contacte la police, et c’est le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen est chargé de l’enquête. Les rançonneurs envoient alors des vidéos intimes à l’entourage professionnel du maire et à des associations de la ville. « La police et un informaticien ont fait le nécessaire pour 'nettoyer' les plateformes sur lesquelles j’apparais. Mais nous restons vigilants, car certaines sont supprimées et réapparaissent sur d’autres plateformes », explique l’élu, qui se dit « déçu par la nature humaine ».