La Cour des comptes dénonce le coût des écoutes judiciaires

FINANCES Les écoutes judiciaires représentent une dépense cumulée d’un milliard d’euros sur les dix dernières années, selon la Cour des comptes…

H. B.

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La Cour des comptes à Paris.
La Cour des comptes à Paris. — PRM/SIPA

La Cour des comptes attribue un nouveau carton rouge. L’institution épingle cette fois la mauvaise gestion et l’efficacité limitée des écoutes judiciaires faites par l’Etat. Sur les dix dernières années, ces écoutes représentent une dépense cumulée d’un milliard d’euros, dont 122,55 millions rien que pour 2015.

D’après la Cour des comptes, cette situation est liée à la mauvaise gestion de la plate-forme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ).

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Une rationalisation de la dépense

Dans un référé adressé au Premier ministre, l’institution indique que « depuis l’essor de la téléphonie mobile et jusqu’à aujourd’hui, la gestion des interceptions judiciaires est (…) restée peu satisfaisante, tant en ce qui concerne l’obtention rapide de données fiables pour les enquêteurs judiciaires que quant à la sécurité du dispositif et à son coût global ».

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Ces dernières années, l’Etat a dû faire appel à des prestataires privés avec des prix « très largement supérieurs aux coûts supportés par les prestataires », déplore également ce texte.

La Cour des comptes préconise donc un pilotage interministériel, une rationalisation de la dépense et surtout une anticipation de l’évolution du système « afin de satisfaire complètement les besoins actuels et futurs des enquêteurs judiciaires ».