VIDEO. Attentats de Bruxelles: Laachraoui «était l’un des cadres» de Daesh, selon un ancien otage français

TERRORISME Le journaliste Didier François se souvient d’un homme « très jeune mais extrêmement brillant, très intelligent, [avec] une très forte conviction, ce qui le rendait d’autant plus dangereux »…

M.C.

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Najim Laachraoui, l'un des terroristes des attentats de Bruxelles (photo fournie par Interpol).
Najim Laachraoui, l'un des terroristes des attentats de Bruxelles (photo fournie par Interpol). — Interpol / AFP

Ils avaient déjà reconnu Mehdi Nemmouche, le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles et un proche des auteurs des attentats de janvier 2015. Certains des quatre journalistes français ex-otages en Syrie entre juin 2013 et avril 2014 ont identifié un autre de leurs geôliers, Najim Laachraoui, kamikaze des attentats de Bruxelles, comme l’ont fait savoir vendredi des sources proches de l’enquête.

Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Hénin se souviennent de l’homme chargé de les surveiller au cours de leurs dix mois de captivité, « formellement » identifié par Nicolas Hénin, selon son avocate.

Didier François, interviewé vendredi sur Europe 1, a précisé le « rôle particulier » de Laachraoui : « c’était l’un des cadres de l’Etat islamique, il faisait partie de l’appareil sécuritaire », estime le journaliste, qui décrit son geôlier comme « très jeune mais extrêmement brillant, très intelligent, [avec] une très forte conviction, ce qui le rendait d’autant plus dangereux. » Il faisait partie, selon Didier François, « de cette structure de direction qui est la cellule des opérations extérieures, il était chargé du recrutement, de l’encadrement des gens, de leur sélection » et était à ce titre « l’un des concepteurs » des attentats de Paris et Bruxelles.

Il « était chargé de la liaison avec les émirs » de Daesh

A propos de Najim Laachraoui, qui en Belgique était décrit comme « un bon élève, sans problème disciplinaire », Didier François se souvient de « quelqu’un qui réfléchissait beaucoup », qui « avait la confiance de ses chefs » et qui « était chargé de la liaison avec les émirs » de Daesh. Le journaliste dit avoir eu avec le terroriste « un certain nombre de discussions sur les négociations » pour la libération des otages, ainsi que beaucoup de discussions « très théoriques » : « C’est quelqu’un qui avait lu beaucoup, qui connaissait extrêmement bien la religion catholique ».

Selon Didier François, Laachraoui n’était « pas un garde de base ». Il « était extrêmement fin, il n’utilisait jamais la violence », « à la différence des autres qui étaient un peu des brutes épaisses », comme Mehdi Nemmouche. Le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles avait été reconnu quelques mois après sa libération par Nicolas Hénin, qui le connaissait comme « Abou Omar le cogneur » et qu’il accusait de l’avoir maltraité. « Nemmouche était là en permanence, raconte Didier François. Il était chargé d’apporter le peu à manger qu’il y avait » et « faisait des tortures très régulièrement sur les prisonniers syriens et irakiens », précise-t-il.