Poissons contaminés: Quelles espèces privilégier pour ne pas s’empoisonner?

ALIMENTATION Un dossier de «60 millions de consommateurs» pointe la teneur en métaux lourds élevée de certains produits à base de poisson...

N.Beu.

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Le rayon poisson d'un supermarché, en région parisienne. 
Le rayon poisson d'un supermarché, en région parisienne.  — DURAND FLORENCE/SIPA

Nous sommes en avril et il est ici question de poissons. Mais l’histoire racontée par 60 millions de consommateurs ne fera pas rire grand monde : selon le magazine, qui a testé 130 produits de la mer, dont une grande partie à base de poisson, nombre d'entre eux contiendraient des métaux lourds, dont les effets néfastes sur la santé sont connus. Plutôt inquiétant. Mais pas de quoi non plus mettre un terme à vos « vendredis poissonnerie ». Il suffit tout simplement de bien choisir les poissons que vous achetez. 20 Minutes vous donne quelques conseils.

Préférer les poissons en début de chaîne…

La pollution et la contamination des poissons « touchent particulièrement les espèces situées au bout de la chaîne alimentaire », explique Jennifer Maherou, chargée de la documentation scientifique à l'Association Santé Environnement France (Asef). Logique : les grands prédateurs que sont le requin, le thon, l’espadon, le marlin, la daurade ou la lotte portent en eux les métaux lourds qu’ils ont ingérés, mais aussi ceux contenus dans les poissons qu’ils ont avalés, eux-mêmes contaminés par leurs proies, et ainsi de suite. Par ailleurs, plus un poisson est gros, plus il a vécu longtemps, accumulant au cours de sa vie quantité de métaux lourds et autres contaminants.

…associer poissons maigres et gras…

Les poissons dits maigres sont peu chargés en métaux lourds, pour la raison simple que leur chair contient moins de gras. Il s’agit par exemple de la sole, du bar, du turbot, de la morue ou du maquereau. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faut se priver de manger des poissons gras. Car ces poissons-là sont riches en oméga-3, qui assurent « une protection cardiovasculaire importante » et jouent un rôle dans « le développement du cerveau », comme l’a rappelé le cardiologue Alain Ducardonnet ce jeudi sur BFMTV. L’Anses (l’agence de sécurité alimentaire) recommande d’ailleurs aux adultes « de consommer du poisson deux fois par semaine en associant un poisson à forte teneur en oméga 3 et un poisson maigre ».

…et varier sa consommation

Impossible, évidemment, de tester son poisson avant de le manger. « De toute façon, toutes les régions du monde sont plus ou moins polluées », explique Jennifer Maherou, qui conseille donc de « varier l'origine des produits que l'on consomme pour ne pas être toujours exposé aux mêmes polluants ». Dans le détail, diverses études portant sur la production piscicole peuvent vous aider à faire vos choix. Dans le cas particulier du saumon, une étude de 60 millions de consommateurs de 2014 invitait par exemple à délaisser la production européenne (Norvège, Irlande, Ecosse) au profit de celle en provenance du Chili, et à acheter des saumons surgelés sauvages au détriment des saumons d’élevage. Interrogé par 20 Minutes à la même période, l’agronome Marc Dufumier conseillait lui aussi de « manger du saumon d’élevage pêché dans l’océan Pacifique », ou de se tourner vers le « saumon d’élevage bio ».