Téléphoner au volant: «Je suis conscient du danger, mais c'est plus fort que moi»

TEMOIGNAGES Selon le baromètre d’Axa Prévention dévoilé ce mardi, 30 % des conducteurs téléphonent au volant...

Delphine Bancaud
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Un autombolisite au téléphone au volant le 4 janvier 2012 à Lyon
Un autombolisite au téléphone au volant le 4 janvier 2012 à Lyon — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Les chiffres sont probablement très en dessous de la réalité. Selon le baromètre d’Axa Prévention dévoilé ce mardi, 30 % des conducteurs téléphonent au volant et ce malgré l’ interdiction récente du kit mains libres. 20 Minutes a voulu leur donner la parole pour tenter de comprendre leur comportement dangereux.

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David, 34 ans, raconte ainsi appeler souvent sa famille et ses amis au volant, en utilisant son kit mains libres et parfois même en prenant son smartphone à la main. «J’ai très peu de temps libre et je profite de mon trajet aller et retour domicile-travail (30 minutes à chaque fois) pour passer mes coups de fils. Je décroche aussi tout le temps quand on m’appelle. Lorsque j’utilise mon kit mains libres, j’ai l’impression que ce n’est pas plus dangereux que d’écouter la radio ou de mettre un CD dans la voiture. Mais lorsque je prends mon téléphone à la main, je suis tout à fait conscient du danger et je me sens coupable de le faire. Mais, j’ai du mal à m’en empêcher. C’est plus fort que moi, j’ai moins l’impression de perdre mon temps en voiture. J’avoue aussi qu’il m’arrive souvent de consulter mes sms, mes mails, et même mon compte Facebook. J’envoie aussi des messages, mais je profite surtout des feux rouges pour ça, même s’il m’arrive de le faire en roulant. Ma femme me sermonne, mais ça ne m’arrête pas. Et quand je croise la police, je jette mon téléphone sur le côté», confie-t-il. Et lorsqu’on lui demande ce qui pourrait lui faire cesser cette mauvaise habitude, David hésite : «le fait de vous en parler aujourd’hui va peut-être me faire arrêter. Et j’imagine que si j’avais un  accident, cela me couperait net l’envie de recommencer».

« Je ralentis pour envoyer des sms»

De son côté, Dominique, avoue répondre aussi de temps à autre au téléphone : «Mais, je dis à mes interlocuteurs que je suis au volant et je me gare un peu plus loin pour finir ma conversation», explique-t-il. Et pourquoi ne pas laisser sa messagerie faire son boulot dans ce cas-là ? «J’ai peur de rater une information importante», confie-t-il. A t’il peur du gendarme? «Non, car je n’ai jamais été contrôlé», répond-il. Pas question cependant selon lui, d’avoir une conversation longue lorsqu’il conduit : «je le faisais avant, jusqu’au jour où j’ai eu très peur après avoir fait un gros écart sur la route», raconte-t-il.

De son côté, Elise raconte avoir eu un passé de téléphoneuse au volant. «Juste après avoir obtenu mon permis, je me suis senti invincible. Et j’ai lu un SMS en conduisant. En deux secondes je m'étais déjà déportée sur l’autre voie. Ça m’a servi de leçon et je ne l’ai plus jamais refait. Rien n’est plus important que ma sécurité et celle des autres», affirme-t-elle.

Franck n’en est pas encore à cette prise de conscience. «Moi je ne peux pas m’en empêcher. Mais je ralentis pour envoyer des sms, quand je suis seul sur la route», indique-t-il, en précisant qu’il a toujours ses points de permis. A contrario, Pascal se sent coupable et promet d’en finir bientôt avec cette mauvaise habitude : «je sais que je ne suis pas un conducteur parfait. Je dépasse parfois de 5 ou 10 km/h la vitesse autorisée et je décroche parfois mon téléphone quand j’attends un appel urgent. Mais à chaque nouveau clip de la Sécurité routière sur le sujet, je me dis que je suis nul. Et je sais que je suis sur la voie de la guérison, car je laisse de plus en plus mon téléphone vibrer», assure-t-il.