Loi travail: L'ultimatum de Pierre Gattaz et du Medef sur les négociations sur l'assurance-chômage

NEGOCIATIONS Le patron des patrons ne veut plus « négocier dans une logique absurde de donnant-donnant, qui n’a mené (...) qu’à plus de complexité »…

20 Minutes avec AFP

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Pierre Gattaz, le patron du Medef, lors d'une conférence de presse à Munich, en Allemagne, le 30 mars 2016.
Pierre Gattaz, le patron du Medef, lors d'une conférence de presse à Munich, en Allemagne, le 30 mars 2016. — R. Meigneux / Sipa

Pour lui, trop c’est trop. Pierre Gattaz, président du Medef, visiblement excédé, a menacé ce mardi de « demander la suspension des négociations d’assurance- chômage », si « rien ne bouge » d’ici la fin de l’examen du projet de loi Travail à l’Assemblée nationale à la mi-mai.

Lors de sa conférence de presse mensuelle, le patron des patrons s’est montré clair : « Si rien ne bouge rapidement sur ce texte, dans les trois semaines, nous en tirerons les conséquences. »

« Nous demanderons sans doute la suspension des négociations d’assurance-chômage », a-t-il ajouté.

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Une « logique absurde de donnant-donnant »

« Il n’est plus question aujourd’hui de continuer à faire semblant, à négocier dans une logique absurde de donnant-donnant, qui n’a mené depuis trente ans qu’à plus de complexité, de rigidité et de coût pour les entreprises, et plus de chômage durablement élevé pour les concitoyens », a estimé Pierre Gattaz. « Nous avons atteint aujourd’hui notre point de rupture », a-t-il assuré.

Le patron des patrons réclame le retrait du compte personnel d’activité (CPA), de la surtaxation obligatoire des CDD et du mandatement pour les petites entreprises sans représentation du personnel, qui devront négocier avec des salariés mandatés par un syndicat.

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Des corrections exigées

« J’attends du gouvernement que ce texte soit profondément corrigé pour qu’il retrouve l’ambition initiale de créer de l’emploi dans notre pays », a-t-il prévenu, dénonçant « un texte qui ne mène à rien et qui peut être vraiment contre-productif ».

« Je veux dire ici solennellement et mettre en garde le gouvernement et les parlementaires : l’échec de la loi El Khomri signera plus que l’échec d’un nouveau projet de loi inabouti, nous en tirerons les conséquences qui s’imposeront sur l’ensemble du champ du dialogue social », a-t-il insisté.

L’examen du projet de loi en première lecture débute le 3 mai à l’Assemblée nationale et pourrait durer jusqu’au 12 mai. Le président du Medef a prévenu qu’un conseil exécutif du Medef aurait lieu le lundi 9 mai.