«Nuit Debout»: Alain Finkielkraut répond à ceux qui l'ont chassé

RASSEMBLEMENT Pour l’académicien, ce mouvement est « une bulle révolutionnaire lovée au milieu d’une ville complètement indifférente »…

H. B.
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Alain Finkielkraut à Matignon, le 25 janvier 2016.
Alain Finkielkraut à Matignon, le 25 janvier 2016. — SIPA

Alain Finkielkraut sort de son silence. Après avoir été hué, injurié et chassé samedi soir de la place de la République par le collectif #NuitDebout, l’académicien a tenu ce lundi à répondre aux jeunes qui l’ont expulsé.

Dans un entretien publié dans Le Figaro, l’écrivain raconte l’agression verbale et les menaces dont il a fait l’objet.

« A peine arrivé, j’ai été interpellé par un homme qui semblait avoir mon âge : « On va voir le petit peuple, quelle décadence ! » Mon épouse, interloquée, l’a fusillé du regard. En réponse, il nous a tiré la langue, puis nous a ostensiblement tourné le dos », raconte l’écrivain au Figaro.

« Une kermesse gauchiste sous cloche »

Refusant de se laisser décourager, il continue son chemin jusqu’à l’assemblée générale, et écoute même deux réquisitoires de cinq minutes chacun. Il décide ensuite de déambuler sur la place de la République, et c’est là que les insultes seraient devenues plus virulentes. « Une petite foule s’est formée, grondante et menaçante. Une femme particulièrement véhémente disait que je méritais d’être chassé à coups de latte. Comme je me retournais pour engueuler mes insulteurs, l’homme qui m’avait bousculé m’a craché au visage », explique Alain Finkielkraut.

L’écrivain livre ensuite son analyse sur ce mouvement. « On est entre soi à Nuit Debout. Sur cette prétendue agora, on célèbre l’Autre, mais on proscrit l’altérité. Le Même discute fiévreusement avec le Même», poursuit l’académicien, ajoutant : « #NuitDebout est une kermesse gauchiste sous cloche, une bulle révolutionnaire lovée au milieu d’une ville complètement indifférente. »