Raid, BRI, GIGN: Face aux menaces d'attentat, les forces d'élite se réorganisent

SECURITE Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve doit annoncer son plan ce mardi après-midi...

Florence Floux

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Exercice du Raid à Bordeaux.
Exercice du Raid à Bordeaux. — SIPA

Bernard Cazeneuve passe son grand oral ce mardi. Après l’année 2015 tristement marquée par deux séries d’attentats, le ministre de l’Intérieur dévoile son schéma national d’intervention des unités d’élite en cas d’attaque terroriste.

La perspective de l’Euro 2016 aura sans doute pesé lourd, dans le timing de mise en place du plan du ministre. Dès le 10 juin, dix stades accueilleront des supporters venus de l’Europe entière sur l’ensemble du territoire français : Paris, Saint-Denis, Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Lens, Lille, Toulouse, Nice et Bordeaux.

Un maillage territorial revu et corrigé

Le ministère de l’Intérieur est en alerte pour protéger la population et les équipes au mieux, mais aussi pour assurer une intervention rapide des forces d’élite quelle que soit la ville concernée en cas d’attentat. Dans cette optique, le Raid et le GIGN doivent se répartir sur toute la France afin d’intervenir en vingt minutes - le temps de constituer une colonne de la BRI, du Raid et du GIGN - sur une éventuelle attaque. Les zones d’attribution actuelles des groupes pourraient ne plus être d’actualité : zones rurales pour le GIGN, zones urbaines pour le Raid, et Paris pour la BRI.

Mais le maillage n’est pas la seule contrainte des groupes d’intervention. Le ministère de l’Intérieur affirme vouloir améliorer la coopération entre police et gendarmerie, notamment celle de leurs unités d’élite. Ainsi, les spécialités de chacune pourraient également servir aux autres, afin d’assurer une meilleure prise en charge de la situation lors d’une attaque. Par exemple, l’unité d’élite la plus spécialisée dans « l’effraction » - faire sauter une porte par exemple, pourrait venir soutenir une autre force.

Début avril, Bernard Cazeneuve avait déjà annoncé l’équipement de la Bac et des PSIG Sabre en fusils d’assaut, gilets capables d’arrêter des balles de kalachnikov et casques à visière pare-balles. Considérés comme « primo-intervenants » sur de possibles attaques, la Bac et les PSIG Sabre doivent être capables d’intervenir en moins de vingt minutes partout sur le territoire, le temps pour les unités d’élite de se regrouper et d’arriver sur place.