Etat d'urgence: Qui décide du maintien ou de l'annulation des sorties scolaires et des kermesses?

SECURITE Face à la menace terroristes, de plus en plus d'écoles ont annulé les festivités de fin d'année scolaire alors que d'autres les maintiennent...

Anissa Boumediene

— 

Illustration d'une fête de l'école dans le village de Saint Maixent dans la Sarthe.
Illustration d'une fête de l'école dans le village de Saint Maixent dans la Sarthe. — GILE MICHEL/SIPA

Annulera ou annulera pas ? Dans de nombreuses écoles, et alors que l’état d’urgence est toujours en vigueur, la question du maintien des sorties scolaires et des kermesses de fin d’année se pose. Certains établissements ont d’ores et déjà tranché et les ont annulées. Mais qui au juste a le pouvoir d’interdire ces événements ? Le ministère de l’Education nationale a-t-il donné des instructions ? Les directeurs d’école ont-ils toute latitude pour décider ?

>> A lire aussi : État d'urgence: Des écoles nordistes annulent la fête de fin d'année

Pas de consignes du ministère

« Dans la mesure du possible, la ministre de l’Education nationale tient à ce que les kermesses et les sorties scolaires soient préservées. Sauf bien sûr dans les situations où la préfecture pourrait émettre des réserves quant aux conditions de sécurité », confie à 20 Minutes l’entourage de Najat Vallaud-Belkacem.

« En Ile-de-France, le plan Vigipirate est toujours au niveau alerte attentat et après les attentats de Bruxelles, tous les voyages scolaires vers la Belgique ont été annulés », souligne le ministère. Mais la règle est claire, « le principe, c’est pas d’annulation, insiste-t-on rue de Grenelle. Plus on peut garder une vie quotidienne normale au sein des écoles, mieux c’est ».

Certains maires, à l’instar de Vincent Ledoux (LR) à Roncq (Nord), craignent de devoir trancher eux-mêmes la problématique des kermesses et en appellent à une décision du ministère.

« C’est une manière de se défausser de leurs responsabilités. Je ne suis pas favorable à une mesure couperet prise dans un bureau parisien du ministère qui devrait s’appliquer à l’ensemble du territoire. Cela pourrait entraîner un repli sur soi et un climat d’angoisse », tranche Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp (syndicat des enseignants du 1er degré).

Des décisions au cas par cas

Pour quelques directeurs d’école, le manque de moyens pour assurer la sécurité des kermesses a eu raison de ces événements qu’affectionnent parents et enfants. « C’est dommage de les interdire, c’est céder à cette volonté d’angoisse et de psychose que les terroristes veulent instaurer », regrette Sébastien Sihr.

« L’année dernière, le ministère de l’Education nationale a pris une circulaire qui préconisait qu’une personne de l’école assure le contrôle à l’entrée de l’établissement, pour ne laisser entrer que les parents, les visages familiers. Il ne s’agit pas d’avoir tout un service d’ordre devant chaque école, mais d’observer des règles de prudence. Dans le doute, chaque directeur peut en référer à son rectorat », rappelle-t-on dans l’entourage de la ministre.

Aujourd’hui, le maintien ou l’annulation des kermesses est donc laissé à l’appréciation des directeurs d’école. Des décisions prises au cas par cas par les personnels de direction avec les équipes pédagogiques. « On ne peut pas faire autrement : on ne peut pas forcer la main des équipes pédagogiques pour les obliger à maintenir ou annuler un tel événement. Il s’agit en premier lieu d’assurer partout la protection des enfants et des équipes scolaires », indique Sébastien Sihr.

Mais pas question pour autant de céder à la psychose. « Il faut que, dans le même temps, qu’on soit porteur d’un message positif de confiance en l’avenir et d’ouverture des écoles sur le monde extérieur », appelle de ses vœux le secrétaire général du SNUipp. « Il y a aujourd’hui un besoin de se retrouver, de créer du lien social, et les kermesses sont une très bonne occasion pour cela ».