En congrès, la CGT va réfléchir toute la semaine à son avenir

SOCIAL La centrale veut tourner la page de l'affaire Thierry Leapon...

M.P. avec AFP

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Philippe Martinez à Paris le 16 octobre 2015.
Philippe Martinez à Paris le 16 octobre 2015. — JEROME MARS /JDD/SIPA

La CGT tient à partir de ce lundi son congrès à Marseille, qui doit lui permettre de tourner la page de la crise liée à l’affaire Thierry Lepaon. L’ambiance s’annonce tendue alors que dans la presse est sorti le fait que l’ex-numéro un, qui n’a plus aucune responsabilité à la CGT, est toujours payé par cette dernière tant qu’il n’a pas trouvé d’emploi. Par ailleurs, la centrale doit réagir alors qu’elle est de plus en plus concurrencée par la CFDT.

« On a besoin d’une CGT qui s’adresse à tous les salariés », insiste Philippe Martinez, secrétaire général du premier syndicat français, 121 ans cette année.

Très présente auprès des CDI, dans les entreprises de plus de 500 personnes, la confédération reconnaît ne pas l’être assez auprès des précaires, des jeunes, des intérimaires. « On a de vrais efforts à faire dans ce domaine », dit Philippe Martinez. Faute d’effort, la CGT, qui a obtenu 26,77 % des voix lors des élections professionnelles nationales en 2013, risque de passer derrière la CFDT (26 % en 2013).

Un test pour Matinez

Si le secrétaire général dit ne pas être « obnubilé par cette histoire de représentativité », il n’empêche que la CGT a déjà perdu depuis 2014 des points dans ses bastions historiques, dont la fonction publique, à la SNCF ou chez Orange. Se pose donc la question de « l’efficacité du syndicalisme, de la CGT », souligne le document d’orientation.

Ce rituel qui se produit tous les trois ans, est l’occasion de réfléchir à la feuille de route pour les années à venir : il y sera question de l’organisation et de l’évolution de la CGT, de son rapport aux autres syndicats, de sa place dans le syndicalisme européen et mondial, de celle du syndicalisme retraité, de la parité.

Le Congrès est aussi, à plusieurs titres, un test pour Philippe Martinez, élu en catastrophe en février 2015 après la démission de Thierry Lepaon, épinglé pour le coût exorbitant des travaux de ses bureaux et appartement de fonction. Comme le prévoit la tradition, Philippe Martinez sera adoubé par le millier de délégués présents au Congrès. C’est une formalité, mais elle est indispensable pour Philippe Martinez : il y a un an, il n’avait été élu que par une centaine de responsables cégétistes.