Les motards se mobilisent par milliers contre le contrôle technique des deux-roues

SECURITE ROUTIERE Le gouvernement veut obliger les propriétaires de deux (ou trois)-roues motorisés à effectuer un contrôle technique avant de les revendre...

20 Minutes avec AFP

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Des milliers de motards ont manifesté à Lyon le 16 avril 2016, contre le projet d'imposer un contrôle technique des deux-roues motorisés.
Des milliers de motards ont manifesté à Lyon le 16 avril 2016, contre le projet d'imposer un contrôle technique des deux-roues motorisés. — AFP

Ils en ont « ras le casque ». Des motards ont manifesté un peu partout en France ce samedi contre le contrôle technique obligatoire des deux-roues motorisés à la revente, prévu par le gouvernement pour 2017. Le point d’orgue de la colère devrait avoir lieu dimanche, avec un cortège parisien défilant entre le château de Vincennes et les Invalides.

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A Lyon, plusieurs milliers de motards - les organisateurs attendaient entre 5 000 et 7 000 participants - s’étaient élancés ce samedi en début d’après-midi de la place Bellecour, dans un déluge sonore de moteurs vrombissants et de klaxons stridents, pour une opération escargot. A Toulouse, un rassemblement a réuni entre 2 000 et 2 500 motards, selon la police, tandis qu’à Rennes, ils étaient plus d’un millier à participer à une opération escargot.

Les motards étaient également un millier à Orléans, 500 à Dijon, autant à Pau, à Poitiers et à Limoges, 400 à Perpignan, plus de 300 à Laval ou encore plusieurs centaines à Saint-Etienne.

« Cette mesure n’amènera rien en termes de sécurité »

La Fédération des motards en colère (FFMC), la Fédération française de motocyclisme et le collectif Codever veulent affirmer leur opposition à la mesure qui obligera une personne à effectuer un contrôle technique avant de revendre un deux (ou trois)-roues motorisé de plus de deux ans.

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Cette mesure fait partie d’un train de mesures annoncé par Manuel Valls le 2 octobre afin d’enrayer la hausse de la mortalité enregistrée depuis 2014. Avec 768 morts sur un total de 3 464 morts sur les routes en 2015, les deux-roues motorisés (cyclomoteurs, scooters, motos) payent un lourd tribut.

« Le contrôle technique a été instauré en 1992 pour les voitures, alors qu’elles ont quatre roues et une carrosserie. On ne peut plus détourner le regard de la question des motos », affirme le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe, qui voit ce contrôle technique comme « une évidence ».

Mais pour le délégué général de la FFMC, Nathanël Gagnaire, « cette mesure n’amènera rien en termes de sécurité routière ». « C’est un alibi, un effet d’annonce parce que le Premier ministre se devait de faire des annonces face aux chiffres de la mortalité routière », estime-t-il.

« On en a marre qu’on nous dise qu’on est coupables »

Selon lui, une étude menée dans cinq pays européens montre que l’état technique était la cause unique et directe de seulement 0,3 % des accidents de deux-roues. « L’immense majorité des usagers contrôlent leurs véhicules », assure-t-il. « On nous dit que ça améliorera la sécurité des motards, c’est faux, et que ça protégera les consommateurs, c’est faux également. Les vrais vices sont souvent cachés dans le moteur et nécessitent un examen plus approfondi », poursuit-il.

« On en a marre qu’on nous dise qu’on est coupables, on n’est pas la cause des accidents, on est les victimes », complète David Dennez, coordinateur de la FFMC des Alpes-Maritimes, où environ 500 motards selon la police, ont défilé en fin de matinée à Nice.

Pour le coordinateur de la FFMC à Lyon, David Thomas, la disposition ne vise finalement qu’à « engraisser les multinationales du contrôle technique ».

A Paris, les manifestants défileront aussi dimanche contre l’interdiction de circuler dans la capitale pour les deux roues antérieurs à 2000 à partir du 1er juillet, une décision prise « sous un faux prétexte d’écologie », selon l’union locale de la FFMC.