Attentats de novembre: Un enregistrement révèle les glaçants dialogues du Bataclan

TERRORISME Réflexes de survie et incrédulité se font entendre lorsque les trois terroristes entrent dans la salle de concert...

Clémence Apetogbor
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Un enquêteur effectuant des recherches devant le Bataclan, le 14 novembre 2015.
Un enquêteur effectuant des recherches devant le Bataclan, le 14 novembre 2015. — Christophe Ena/AP/SIPA

Les enquêteurs ont remis à la justice une reconstitution audio de l’attentat du 13 novembre au Bataclan, rapporte ce vendredi Le Parisien. Ce document exceptionnel est basé sur l’enregistrement d’un dictaphone abandonné par un spectateur et sur les échanges radio des forces de l’ordre, et retrace le fil des événements.

« L’heure de la revanche est arrivée »

« Planquez-vous ! », entend-on dans un premier temps sur l’enregistrement que le quotidien a pu consulter. Le document laisserait deviner, selon le quotidien, les reflexes de survie des témoins dans la salle lorsque les trois terroristes entrent. « Je rêve ou quoi ? » interroge un autre spectateur.

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Après sept minutes de carnage, les djihadistes lancent des ordres contradictoires. « Lève-toi ou je te tue ! » lance un premier assaillant. « Couché ou j’tire ! » clame de son côté Samy Amimour, le seul a avoir été formellement identifié sur l’enregistrement.

Arrivent les premières revendications. « Vous bombardez nos frères en Syrie et en Irak. Pourquoi on est ici, nous ? On est venus jusqu’en Syrie (sic) pour vous faire la même chose », lance un djihadiste. Puis les terroristes revendiquent clairement leur appartenance à l’organisation Etat islamique. « Vous connaissez Daesh ? (…) Daesh, c’est l’Etat islamique. Ils sont partout, en France, aux Etats-Unis. On va frapper partout », enchaîne un autre.

« Sortez-les de là, y en a marre ! »

« Nous on est des hommes, on vous bombarde sur terre. On n’a pas besoin d’avion, nous. Voilà, vous avez élu votre président Hollande, voilà sa campagne. Remerciez-le », lance l’un des terroristes. Entre deux tirs, un autre articule fièrement, « l’heure de la revanche est arrivée ».

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Un premier policier pénètre alors dans le Bataclan. « Casse-toi, casse-toi enfoiré ! », menace Samy Amimour. Le commissaire tire, entraînant l’explosion de la ceinture du terroriste. Ismaël Omar Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad se précipitent à l’étage et prennent une dizaine de personnes en otage. « On est en prise d’otages. Ils ont des ceintures explosives. Ne venez surtout pas sinon ils font tout péter » supplie l’un des spectateurs aux forces de l’ordre, raconte Le Parisien.

« Casse-toi. Je fais sauter les otages », menace à nouveau un terroriste. « Ok », répond le fonctionnaire en rebroussant chemin. Durant l’heure qui suit, les renforts progressent jusqu’au balcon derrière un lourd bouclier. « Sortez-les de là, y en a marre », demande un policier via sa radio à 23h37. Quarante minutes plus tard, l’assaut final est donné, libérant les derniers otages.

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