Port du voile à l'université: Mandon s'oppose à Valls et affirme qu'il n'y a «pas besoin de loi»

LAICITE La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem s'est également opposée à une loi sur le sujet...

Clémence Apetogbor

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Le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur Thierry Mandon
Le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur Thierry Mandon — PATRICK KOVARIK / AFP

Le Premier ministre estime qu’il faudrait une loi sur le voile à l’université, mais pour le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, il n’en est rien.

« Il n’y a pas besoin de loi sur le voile à l’université », a estimé ce mercredi Thierry Mandon sur RTL, se distinguant de Manuel Valls, qui s’est exprimé dans une longue interview au journal Libération.

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Une législation inutile pour Mandon et Vallaud-Belkacem

Manuel Valls juge qu'« il faudrait faire (une loi sur le port du voile à l’université), mais (qu') il y a des règles constitutionnelles qui rendent cette interdiction difficile. Il faut donc être intraitable sur l’application des règles de la laïcité dans l’enseignement supérieur ».

« Si j’ai l’occasion de lui en parler je lui dirai qu’il n’y a pas besoin de loi », a réagi de son côté le secrétaire d’Etat. « Ce que je vois sur le terrain, ce que me disent tous les présidents d’université c’est qu’il n’y a pas de problème ».

« Il n’y a pas de contagion du foulard », a relativisé le ministre, « il y a des étudiantes qui ont tout à fait, parce qu’elles sont adultes, le droit de garder un foulard, le foulard n’est pas interdit dans la société française ».

« Concernant le niqab, qui couvre intégralement le visage, il est interdit dans les espaces publics et donc à l’université. Concernant le voile, je ne suis pas pour l’interdiction par la loi. On a à faire avec des adultes », a dit mardi la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem au micro de RMC/BFMTV.

La laïcité respectée

« Quand on est usager d’un service public on a le droit d’avoir un foulard, on peut en penser ce qu’on veut mais ce droit existe », a poursuivi le ministre, concluant : « Je pense qu’il n’y a pas besoin de ce texte ».

En décembre 2015, l’Observatoire de la laïcité, une commission d’experts qui dépend de Matignon, avait estimé qu’il n’était « ni utile ni opportun » de légiférer sur le port de signes religieux, dont le foulard islamique, par les étudiants.

L’état des lieux dressé par l’Observatoire révélait « une situation globale respectueuse de la laïcité », avec seulement 130 cas de « désaccords ou conflits ponctuels » lui ayant été remontés, pour un total de 130 universités et établissements, rassemblant environ 2 millions d’étudiants.