Le récit bouleversant d'Adrien Borne, journaliste d'iTélé, victime d'un pédophile à l'âge de 13 ans

VIOLENCES Aujourd’hui âgé de 33 ans, le journaliste raconte les agressions qu’il a subies quand il était adolescent…

H. B.

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Adrien Borne a raconté avoir subi plusieurs agressions pédophiles lorsqu'il avait 13 ans.
Adrien Borne a raconté avoir subi plusieurs agressions pédophiles lorsqu'il avait 13 ans. — iTélé

« Moi, victime d’un pédophile, je voulais vous dire… » C’est par ses mots que commence le témoignage émouvant posté ce mardi sur Facebook par  Adrien Borne, journaliste sur iTélé.

Aujourd’hui âgé de 33 ans, le présentateur de la tranche 10h-13h de la chaîne d’info continu a osé briser le silence en révélant avoir été la victime d’un pédophile à l’âge de 13 ans dans une colonie de vacances.

Moi, victime d’un pédophile, je voulais vous dire… Je voulais vous dire… Vous dire que, comme d’autres, j’ai été abusé...

Posté par Adrien Borne sur lundi 11 avril 2016

Vingt ans de silence

« Pendant 20 ans, je n’ai rien dit », écrit-il sur le réseau social. « Un long silence. Abru­tis­sant. Épuisant ». Mais aujourd’hui, il a décidé de raconter ce que malheureusement « les mots ne suffiront à raconter ».

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Adrien Borne fait ainsi le récit de ces agressions. « Vous dire que je n’avais que 13 ans, que j’étais dans une colonie de vacances et que pendant une dizaine de jours, il est entré tous les matins dans ma chambre. Vous dire que je n’ai pas bougé. Jamais. Pas crié. Jamais. Pas respiré. Jamais. Il repartait, toute la journée. Il rodait. Pour recommencer ensuite », peut-on lire sur la page Facebook d’Adrien Borne.

Un sentiment de culpabilité

Dans ce message poignant, Adrien Borne indique ne pas avoir « porté d’accusations » et avoir oublié le nom et le visage de son agresseur. Il fait également part de son sentiment de culpabilité. « J’ai oublié son nom et son visage. Oublié le superflu pour ne garder que l’humiliation. À ce jour il a peut-être recommencé, fait encore plus mal et je n’ai rien fait pour l’en empêcher. À ma souffrance vient donc s’ajouter la culpabilité de ne pas avoir parlé, à l’époque. De ne pas avoir eu ce courage. […] Je voulais vous dire […] que je ne veux pas parler de ceux-là ou de ceux qui les protègent. »

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Adrien Borne termine en s’adressant aux autres victimes de pédophiles. « Te dire que nous ne périrons pas de leur violence. Qu’il ne faut pas avoir peur de hurler, ne pas avoir peur de chuchoter ou de murmurer, ne pas avoir peur de nommer. Non. Pour toi et pour les autres que tu sauveras. Il faut dire. Dire encore. Dire que notre enfance n’est pas un terrain de jeu pour adulte. Dire que nous rendrons les coups. Voilà je voulais dire tout cela ».