VIDEO. Cannabis: Le Foll clôt le débat sur la légalisation

REACTIONS Le porte-parole du gouvernement a tonné qu’il n’y avait au gouvernement « aucune piste de travail » sur la dépénalisation du cannabis…

C. A. avec AFP
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Le porte-parole Stephane Le Foll a confirmé un mini-remaniement la semaine prochaine.
Le porte-parole Stephane Le Foll a confirmé un mini-remaniement la semaine prochaine. — AFP

La proposition de Jean-Marie Le Guen sur« l’ouverture d’un débat sur la fin de la prohibition du cannabis » fait bondir sa famille politique et même au-delà.

Au lendemain de ses déclarations, faites à titre personnel et non au nom du gouvernement, plusieurs personnalités politiques ont fait connaître leur point de vue sur la question.

Il n’y a « aucune réflexion » sur cette question au gouvernement

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a affirmé sur France 2 qu’il n’y avait au gouvernement « aucune piste de travail ni de réflexion engagée » sur cette question. « Ce n’est pas la position du gouvernement », a-t-il tranché.

« D’ailleurs je crois qu’il l’a lui-même dit. C’est une position qu’il défend depuis longtemps (…) en tant que médecin. Mais ce n’est pas la position du gouvernement ».

« Si le Parti socialiste veut débattre, c’est tout à fait légitime, mais il n’y a pas sur ce sujet d’autres positions que celle qui a été exprimée par le Premier ministre et le président de la République », a-t-il ajouté.

Najat Vallaud-Belkacem ne veut pas « baisser la garde » contre les drogues

« Connaissant Jean-Marie Le Guen », qui est médecin, « il a dû exprimer une opinion personnelle », mais « il n’y a pas de dépénalisation du cannabis en vue », a déclaré mardi la ministre de l’Education nationale surRMC/BFMTV.

Najat Vallaud-Belkacem s’est dit « assez hostile à ce qu’on envoie un signal » montrant « qu’on baisse la garde dans le combat contre les drogues », estimant que la fin d’un quinquennat n’est pas le moment approprié pour ce type de débat.



Il existe à la fois « un enjeu de santé publique » et un enjeu de lutte contre les trafics souterrains « à prendre en compte ». « Il nous faut absolument préserver nos jeunes, nos enfants de la drogue. » Si, « aujourd’hui, la lutte contre les trafics souterrains n’est pas satisfaisante », la ministre s’est dit « hostile à la dépénalisation ». « Je pense qu’il faut des interdits dans notre société ».

La dépénalisation n’est pas la solution au trafic, estime Samia Ghali

« En aucun cas, ça (la dépénalisation) ne résoudra la problématique du trafic, bien au contraire, ça ne fera que la développer », a estimé la sénatrice PS des Bouches-du-Rhône Samia Ghali sur Europe 1. « Il faut savoir que, dans le cannabis, il y a plusieurs niveaux de puissance. Ceux qui viennent chercher ce cannabis-là dans les quartiers, justement pour la puissance qu’il procure, je ne pense pas qu’ils s’accommoderont du cannabis qu’on aura au supermarché ou dans certains bars-tabacs », analyse celle qui est aussi maire du 8e arrondissement de Marseille. « Et on fera quoi demain ? On légalisera la cocaïne et les armes parce qu’on n’arrive pas à endiguer le trafic d’armes ? Ce n’est pas sérieux ! »

L’opposition condamne

Laurent Wauquiez, président (Les Républicains) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a réagi sur RTL : « Est-ce que c’est sérieux ? », a-t-il interrogé.

« Ces temps-ci, j’ai un peu l’impression qu’on assiste à tout le retour des vieilles lunes de gauche. Est-ce que c’est la façon de répondre aux attentes des jeunes ? Est-ce qu’ils croient que c’est ce type de questions que se pose la jeunesse de France ? », a-t-il poursuivi.



« Comme toujours le #PS laxiste et irresponsable #alternancevite », avait tweeté dès lundi soir Sébastien Huyghe, secrétaire général adjoint du parti LR.



Luc Ferry a eu des propos plus nuancés. « Rationnellement si on veut épuiser le marché de la drogue, il faut dépénaliser le cannabis », a estimé le philosophe sur iTélé. « Le Guen sur le fond a raison, son argumentation n’est pas idiote, mais elle ne tient pas compte de la dimension symbolique du droit », a-t-il poursuivi. « Ce n’est pas qu’un problème économique et pénal, le droit symbolise aussi des valeurs morales ».



Florian Philippot a estimé dans un tweet que les propos de Jean-Marie Le Guen visaient à « détourner l’attention ».