Loi travail: Pierre Gattaz tire la sonnette d'alarme

EMPLOI Le président du Medef a exhorté les députés à arrêter le « donnant-donnant » sur la loi travail…

Clémence Apetogbor
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Pierre Gattaz, patron du Medef, le 17 novembre 2015 au siège du Medef à Paris.
Pierre Gattaz, patron du Medef, le 17 novembre 2015 au siège du Medef à Paris. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Pierre Gattaz dit stop. Le président du Medef a vivement critiqué les corrections apportées à la loi Travail par les députés de la commission des Affaires sociales

« Je tire la sonnette d’alarme. Je dis stop ! », a-t-il tonné samedi dans les colonnes du Figaro, craignant que le texte ne soit encore plus détricoté en séance, à partir du 3 mai à l’Assemblée nationale.

Abandonner le « donnant-donnant »

Dimanche, c’est sur le plateau d’iTélé que le président du Medef a par ailleurs appelé les députés à abandonner « la culture du compromis chère à certains syndicats », en arrêtant le « donnant-donnant » sur la loi travail.

« Il faut arrêter la culture du compromis chère à certains syndicats, un compromis à la française de + donnant-donnant + », a affirmé Pierre Gattaz au lendemain d’une nouvelle journée de mobilisation contre le texte.

« Cette loi El Khomri est un marqueur », a-t-il estimé, appelant les « députés de gauche et de droite (à comprendre) qu’il faut arrêter le "donnant-donnant", le "Je donne ça aux TPE, aux PME, mais par contre je vais donner ça aux syndicats pour qu’ils soient contents", ça ce n’est plus possible », a affirmé le dirigeant du Medef.

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Le marché du travail doit être « déverrouillé »

« Le "Je te donne quelque chose, tu me donnes quelque chose" c’est fini, parce qu’en général ce qu’on donne nous, c’est des cotisations patronales en plus, c’est de la complexité en plus qu’on subit, c’est des droits supplémentaires qu’on donne, donc ce sont des devoirs pour les entreprises », a-t-il plaidé.

« Nous avons 3.500 pages de Code du travail, une complexité énorme. Le seul objectif de cette loi du travail, c’est de déverrouiller le marché du travail », a martelé le dirigeant du syndicat patronal.

Le projet de réforme, qui affiche la volonté de limiter les freins à l’embauche pour tenter de réduire un chômage de masse, est jugé trop libéral par ses détracteurs. Ceux-ci sont à nouveau descendus dans la rue samedi lors d’une mobilisation émaillée de violences, et moins étoffée que les précédentes.